Strasbourg : de la délinquance à la radicalisation

Les enquêteurs s'intéressent au profil du suspect, un délinquant de droit commun présentant des signes de radicalisation, mais rien ne laissait présager un passage à l'acte.

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France 3

Mardi 11 décembre au soir, quelques minutes après avoir fait plusieurs victimes dans les rues de Strasbourg (Bas-Rhin), Cherif Chekatt prend en otage un chauffeur de taxi. Dans le véhicule, selon les déclarations du conducteur à la police, le fugitif est très pâle, stressé, il a le bras ensanglanté et très vite, il se met à parler :"Tu sais ce que j'ai fait ! J'ai tué des gens! (...) pour nos frères morts", "la police a perquisitionné chez moi ce matin, ils ont trouvé une grenade". Ces déclarations semblent confirmer l'intention terroriste de Cherif Chekatt. Un motif pour lequel il n'a jamais été poursuivi, malgré son lourd passé judiciaire. Condamné à 25 reprises en France, en Allemagne et en Suisse, notamment pour des cambriolages, il a multiplié les passages en prison.  

Un poster de Ben Laden

Selon des sources policières, Cherif Chekatt aurait arboré dans sa cellule un poster de Ben Laden, mais se serait signalé par du prosélytisme religieux. Une version contredite jeudi 13 décembre au soir par Christophe Schmitt, un syndicaliste pénitentiaire, qui précise en revanche que Cherif Chekatt était un détenu difficile. Fin 2015, il fait tout de même l'objet d'un suivi régulier de la DGSI comme plusieurs autres membres de son entourage, aussi fichés S. Lors de la perquisition de son domicile mardi 11 décembre au matin, les enquêteurs ont d'ailleurs trouvé des textes religieux rigoristes, mais aucun document ni revendication. 

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Un gendarme devant la cathédrale de Strasbourg (Bas-Rhin), le 12 décembre 2018.
Un gendarme devant la cathédrale de Strasbourg (Bas-Rhin), le 12 décembre 2018. (SEBASTIEN BOZON / AFP)