INFO FRANCE 3. Attentat à Strasbourg : comment Cherif Chekatt a préparé pendant des mois son projet terroriste

Selon les informations de France 3, l'auteur de l'attentat à Strasbourg, fiché S et surveillé par les services de renseignement, avait un projet terroriste préparé de longue date. Il tentait notamment depuis plusieurs semaines de se procurer des armes.

Des forces de police sécurisent l\'entrée du centre-ville de Strasbourg (Bas-Rhin), après l\'attaque menée par Chérif Chekatt, le 11 décembre 2018.
Des forces de police sécurisent l'entrée du centre-ville de Strasbourg (Bas-Rhin), après l'attaque menée par Chérif Chekatt, le 11 décembre 2018. (CHRISTOPH SCHMIDT / DPA / AFP)

Les policiers en ont désormais acquis la conviction : lorsqu'il s'élance dans le centre-ville de Strasbourg (Bas-Rhin), le soir du mardi 11 décembre, Cherif Chekatt n'a pas agi sur un coup de tête, mais a accompli un projet terroriste mûrement réfléchi. Selon les informations de France 3, les enquêteurs ont recueilli les confidences d'un des ex-codétenus du terroriste, à qui il a confié en 2015 vouloir "commettre un braquage avant de partir en Syrie ou mourir en martyr". L'été dernier, le jeune homme de 29 ans avait également assuré à sa famille vouloir mourir, mais ses proches ne l'avaient pas pris au sérieux.

Une vidéo d'allégeance à l'Etat islamique enregistrée un mois plus tôt

Plusieurs autres éléments accréditent la thèse d'un projet préparé de longue date. Notamment sa vidéo d'allégeance au groupe Etat islamique, qui a revendiqué l'attentat de Strasbourg. Cherif Chekatt a enregistré cette séquence mi-novembre, un mois avant de passer à l'acte. Les policiers chargés de le surveiller sont-ils passés à côté de cet élément ? Pas sûr, car rien n'indique qu’il a envoyé cette vidéo à des correspondants en Syrie ou en Irak. 

Le terroriste, fiché S et suivi par les services de renseignement, recherchait activement des armes depuis plusieurs semaines et avait tenté de rencontrer des personnes connues dans le milieu du trafic d'armes. Il a essuyé un refus, avant de tenter de se fournir dans la ville de Metz (Moselle). Pour l'heure, rien n'indique où il s'est procuré le 22 long rifle saisi par les gendarmes au domicile de son père, puis le revolver de 1892 avec lequel il a commis l’attentat. Suspecté d'avoir aidé le terroriste à se procurer une arme, un homme a tout de même été placé en détention provisoire et mis en examen le 17 décembre dernier. Il nie toutefois toute complicité.

Comment a-t-il pu mener ces recherches sans éveiller les soupçons des services de renseignement censés le surveiller ? C'est l'une des questions qui se posent aujourd'hui. Reste que l'âge de l'arme ainsi que ses difficultés logistiques semblent démontrer qu'il ne faisait pas partie d'un réseau très structuré, contrairement aux terroristes du 13-Novembre.

Une interpellation manquée, élément déclencheur de l'attaque

Si l'attaque était planifiée, l'élément déclencheur reste, selon les informations de France 3, l'arrestation manquée de Cherif Chekatt, le matin même de l'attentat à Strasbourg. Ce jour-là, les gendarmes tentent de l'interpeller pour une affaire de droit commun, mais chez son père. Le jeune homme ne se cache pas, mais se trouve en réalité chez sa mère à ce moment-là. "Lundi soir [le 10 décembre], il est venu chez moi, on a fait la prière, on a mangé et le mardi matin [le 11 décembre], il est parti vers 7 heures", a expliqué cette dernière à France 2. Prévenu de la visite des gendarmes, Cherif Chekatt a quitté précipitamment l'appartement, avant de mettre à exécution son projet terroriste le soir-même, faisant cinq morts et une dizaine de blessés.