Cet article date de plus d'un an.

Vidéo "Il y a une réforme profonde à faire" au sein du Conseil français du culte musulman, estime le recteur de la Grande mosquée de Paris

Publié
Article rédigé par
Radio France

Le CFCM doit "revoir sa façon de travailler, peut-être même se réorganiser", a reconnu Chems-Eddine Hafiz qui est aussi vice-président du CFCM.

"Il y a une réforme profonde à faire" au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), a estimé Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande mosquée de Paris, samedi 31 octobre sur franceinfo. Mohammed Moussaoui, le président CFCM avait d'abord estimé que ce n'était pas une "bonne solution" de montrer les caricatures de Charlie Hebdo aux enfants, en marge de l'hommage à Samuel Paty lors de la rentrée scolaire le 2 novembre, avant de revenir sur ses propos. "Il y a un malaise", a concédé Chems-Eddine Hafiz.

L'avocat de formation a estimé que face à ce revirement, le CFCM devait "revoir sa façon de travailler, peut-être même se réorganiser. C'est ce que j'appelle de mes vœux. C'est ce que j'ai dit au président de la République lorsqu'il nous a reçus lundi". En tant que vice-président du CFCM, Chems-Eddine Hafiz ne conteste pas la légitimité de l'instance, "mais je crois qu'à un moment pareil, nous devons faire une petite halte, se poser la question. Pendant 17 ans, le CFCM, a essayé contre vents et marées de s'organiser, de représenter la communauté musulmane de France.

Je crois qu'il faut donner les moyens au CFCM. Il faut qu'il puisse mener à bien la politique qui est voulue par le président.

Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande mosquée de Paris

à franceinfo

Pour réorganiser le CFCM qui "est en première ligne", Chems-Eddine Hafiz envisage d'appeler "d'autres personnalités à rejoindre le Conseil français du culte musulman".  Pour le recteur, "il y a une réforme profonde à faire" et "Il y a des fédérations à l'intérieur de cette organisation qui doivent absolument s'exprimer pour dire quelle est leur position face à ce qui se passe de dramatique dans notre pays, car il y a une ambiguïté".

"Un déficit d'explication"

"En tant que religieux, en tant que musulman, j'ai été heurté par ces caricatures", a confié le recteur de la Grande mosquée de Paris mais a ajouté qu'"il y avait une liberté d'expression qui est une spécifité française" et "qu'il faut savoir accepter". "Mais le problème, c'est qu'il faut expliquer. Il y a un déficit, à mon avis, d'explication dans notre pays, notamment vis-à-vis des pays musulmans."

Chems-Eddine Hafiz a fait référence au discours d'Emmanuel Macron aux Mureaux, où il a parlé de "séparatisme islamiste""On a traduit dans les pays musulmans par 'séparatistes islamiques'. Donc on a considéré dans les pays musulmans que le président de la République était en train de prendre des positions discriminatoires à l'écart des musulmans."

Le recteur organise, lundi après-midi, un "grand rassemblement" à la Grande mosquée de Paris pour "ce type d'observation" : "Il faut qu'on traduise en arabe les documents que nous diffusons pour qu'il n'y ait pas de confusion. Il y a des pays musulmans, alliés de la France, qui réagissent violemment. C'est qu'il y a un problème de sémantique." Chems-Eddine Hafiz a alors envisagé que la diplomatie française "explique" et "commente" les propos du président de la République.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.