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Vidéo Enseignant décapité : il faut "mieux cerner les menaces insidieuses maniées par l'islam politique", selon Laurent Nuñez

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Radio France

Laurent Nuñez estime que les menaces qui pesaient sur Samuel Paty étaient indirectes, et non directes. Il reconnaît qu'il faut travailler à la façon de mieux appréhender ces "menaces indirectes".

"Il nous faut travailler à la façon de mieux cerner les menaces indirectes" sur les "réseaux sociaux", a affirmé Laurent Nuñez, coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, après la décapitation d'un professeur d'histoire vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

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Un père d'élève du collège, qui s'était indigné sur les réseaux sociaux que l'enseignant ait montré des caricatures de Mahomet "nu" dans la classe de sa fille, fait partie des personnes placées en garde à vue dans le cadre de cette enquête. Mais "il n'y avait pas de menace directe de mort", a souligné Laurent Nuñez. "Il y a un individu qui, s'inspirant de ces vidéos qui visaient à alimenter une polémique politique, est passé à l'action".

"Mieux caractériser" ces menaces

L'assassinat de Samuel Paty pose une question importante, souligne Laurent Nuñez. "Il y a des menaces directes d'actes violents qui peuvent être proférées, des menaces directes de passer à l'action contre un individu. Et ça, ça tombe sous le coup de la loi, ça permet évidemment aux forces de l'ordre d'intervenir. Mais il y a des situations plus insidieuses et qui sont celles que manient l'islam et le séparatisme. Ce sont toujours des menaces indirectes : on va dénoncer des propos qui sont tenus contre le prophète, on les met sur les réseaux sociaux et on désigne l'auteur de ce qui serait à l'origine de cette polémique. Et je crois qu'il nous faut maintenant travailler à la façon de mieux appréhender, de mieux cerner ces menaces indirectes", a-t-il estimé.

Abdelhakim Sefrioui, figure connue de l'islam radical, fiché S, qui fait également partie des personnes gardées à vue, n'était lui non plus "pas porteur de menace directe" contre le professeur, a expliqué Laurent Nuñez. Abdelhakim Sefrioui avait également critiqué l'enseignant sur les réseaux sociaux. S'il avait exercé une menace directe, "les services de renseignement auraient judiciarisé son cas", a assuré Laurent Nuñez.

"Je ne veux pas préjuger de ce que seront les discussions en Conseil de défense [qui doit avoir lieu dimanche 18 octobre], mais il faudra avoir une réflexion pour être en mesure de caractériser beaucoup mieux ces menaces, c'est-à-dire qu'il faut poursuivre les auteurs chaque fois qu'il y a divulgation d'informations de la sorte : le nom d'une personne, le numéro de téléphone… Ça doit être vu, perçu parfois comme une menace", a plaidé le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme.

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