Hommage à Samuel Paty dans les écoles : "Les conditions dans lesquelles ont été préparées cet hommage sont déplorables", dénonce le SNUEP-FSU

Jean-Michel Blanquer est revenu vendredi sur les conditions de l'organisation de l'hommage qui sera rendu au professeur assassiné.

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Radio France
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Un portrait d'hommage à Samuel Paty, à Montpellier, le 21 octobre 2020.  (PASCAL GUYOT / AFP)

"Les conditions dans lesquelles a été préparé cet hommage nécessaire sont déplorables", a déclaré dimanche 1er novembre Nicolas Voisin, professeur dans un lycée professionnel des quartiers nord de Marseille, secrétaire académique du SNUEP-FSU (syndicat de l'enseignement professionnel au sein de la FSU), à la veille de la rentrée des vacances de la Toussaint dans un contexte sanitaire complexe et quinze jours après l'assassinat de Samuel Paty

franceinfo : quelles consignes vous ont été données pour cette rentrée singulière ?

Nicolas Voisin : Les consignes n'ont cessé d'être renouvelées, souvent contradictoires. Concernant l'hommage à Samuel Paty, les conditions dans lesquelles a été préparé cet hommage nécessaire sont déplorables. Vendredi soir, après 17h, on a appris par un simple courriel que tout ce qui avait été préparé pendant les vacances par les équipes de direction et les professeurs - un temps réservé aux adultes puis un temps pédagogique pour les élèves - tout ceci est finalement remis en cause et transformé en une verticale minute de silence à 11h.

Jean-Michel Blanquer dit que des documents pédagogiques, des vidéos, ont été envoyés pour permettre d'accompagner ce dialogue avec les élèves ? Avez-vous reçu ce matériel ?

Oui, on a reçu ce matériel. On est un peu dans la gestion du clic. On reçoit énormément de matériel sous forme dématérialisée par nos ordinateurs mais ce n'est pas ça la pédagogie. La pédagogie c'est aussi un rapport humain, c'est aussi échanger au sein des équipes avec les élèves. Faire en sorte que la minute de silence - qui est un rituel qui ne va pas de soi - serve à quelque chose, à réfléchir, à se recueillir. Toutes ces heures-là de préparation à ce rituel qui sont réduites et transformées en injonction verticale.

Comment allez-vous organiser cette matinée ?

Mon syndicat a été clair : nous appelons les collègues - quelle que soit la décision prise au niveau de leur établissement - à prendre la responsabilité de faire ce qui était prévu avant la décision verticale de vendredi soir [de limiter l'hommage à la minute de silence et de faire la rentrée à 8h au lieu de 10h] et de maintenir ce qui a été prévu pendant les vacances. C'est-à-dire de d'abord se retrouver entre collègues puis d'organiser la progression pédagogique et - si possible - organiser la minute de silence de façon collective plutôt qu'en catimini chacun à l'intérieur de sa classe. S'il le faut, nous appelons à utiliser le préavis de grève que nous avons déposé. Non pas pour appeler à faire grève mais pour faire en sorte que cette préparation digne d'hommage à notre collègue soit correctement préparée et exécutée.

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