Enseignant décapité : "On ne peut pas attendre des parents et des enseignants qu'ils puissent aider les élèves aujourd'hui", estime la FCPE des Yvelines

Démunis face à la violence qui a touché Samuel Paty, les enseignants et les parents d'élèves du collège du Bois d'Aulne ne sont pas à même d'offrir le soutien et les réponses nécessaires aux enfants, estime la présidente de l'association. Elle demande à ce que la cellule de crise soit prolongée.

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Radio France
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Les enseignants, les parents, les élèves se sont recueillis devant le collège du Bois d'Aulne (Yvelines) dès le lendemain de l'assassinat de Samuel Paty, le 17 octobre 2020. (RÉMI BRANCATO / FRANCE-INTER)

La FCPE (Fédération de conseils de parents d'élèves) réclame une cellule de crise pérenne pour venir en aide aux collégiens et aux enseignants du collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, où exerçait le professeur Samuel Paty, assassiné vendredi dernier. "On ne peut pas attendre des parents, et encore moins des enseignants, qu'ils puissent aider les élèves aujourd'hui", a déclaré mercredi 21 octobre sur franceinfo Corinne Grootaert, la présidente de la FCPE des Yvelines et parent d'élève de ce collège.

Les enseignants sont les collègues de Samuel Paty. Ils sont touchés en leur cœur par ce qui vient de se passer. Ce n'est pas possible de laisser la charge aux enseignants d'expliquer à nos enfants, même s'ils vont le faire, j'en suis convaincue. 

Corinne Grootaert, la présidente de la FCPE des Yvelines

à franceinfo

Corinne Grootaert a estimé que le travail était également trop difficile pour les parents : "Je pense que leur difficulté aujourd'hui, c'est de se retrouver en période de vacances avec leurs enfants, sans savoir leur expliquer ce qui leur paraît inexplicable aujourd'hui".

Or, la cellule de crise mise en place par l'Education nationale a pris fin mardi. La FCPE demande qu'elle soit maintenue dans les semaines qui viennent pour venir en aide aux personnes encore très choquées : "Aujourd'hui, tous les enfants conflanais sont touchés, ayant des grands frères, des petits frères dans ce collège ou ayant connu ce collège ou ces professeurs".

Le sentiment de solitude va être "très présent"

"C'est la première fois qu'un tel drame arrive", a reconnu la présidente départementale de la FCPE. "Je comprends tout à fait que personne n'était prêt parce que personne ne pouvait l'imaginer. De ce fait, la cellule de crise n'a jamais été sollicitée pour ça", a-t-elle déclaré. "Il va falloir penser aujourd'hui autrement et penser sur l'avenir puisque l'on sait que l'après coup va être encore plus difficile et qu'un sentiment de solitude des enfants, des enseignants va être très présent et qu'il va falloir répondre à ce sentiment".

Corine Grootaert a également expliqué que le parent d'élève, mis en cause dans l'affaire pour avoir diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux appelant au renvoi de Samuel Paty, a contacté la FCPE avant les faits. La présidente de la FCPE 78 affirme que la version du père avait été comparée à celle de l'établissement et du professeur. "À partir du moment où on s'est rendu compte que les versions différaient et que les propos tenus étaient des propos graves, nous avons indiqué que la meilleure chose était de pouvoir en référer à la justice et de porter plainte parce que ce n'était plus de notre ressort", a expliqué Corinne Grootaert.

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