Caricatures de Mahomet : "On n'est pas obligé, pour enseigner la liberté d'expression, de montrer des caricatures qui sont à la limite de la pornographie", estime Luc Ferry

Le philosophe, qui a été ministre de l'Education dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin, affirme que s'il enseignait la liberté d'expression, il montrerait des caricatures "aussi bien de Jésus, Moïse et Mahomet". Mais "on n'est pas obligé d'insulter les gens pour défendre la liberté d'expression", ajoute-t-il.

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Radio France
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Le philosophe Luc Ferry, ancien ministre de l'Education, de la Jeunesse et de la Recherche, 8 novembre 2016. (/NCY / MAXPPP)

En ce lundi de rentrée après les vacances de la Toussaint, un hommage spécial est rendu dans les établissements scolaires à Samuel Paty, ce professeur d'histoire-géographie de 47 ans, sauvagement assassiné en pleine rue le 16 octobre dernier par un jeune radicalisé d'origine tchétchène pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves lors d'un cours sur la liberté d'expression, à Conflans-Saint-Honorine, dans les Yvelines.

>> Retrouvez l'intégralité de l'entretien avec Luc Ferry dans "Le monde d'Elodie"

"On n'est pas obligé, pour enseigner la liberté d'expression, de montrer des caricatures qui sont à la limite de la pornographie", réagit sur franceinfo Luc Ferry, ancien ministre de l'Éducation. "Si je devais aujourd'hui, dans une classe de terminale, faire un cours sur les caricatures et la liberté d'expression, je partirais éventuellement de Louis-Philippe [le dernier roi de France], transformé en poire, explique l'ancien professeur de philosophie. Ça a fait scandale à l'époque."

"Je montrerais les caricatures, éventuellement celles de Charlie, mais qui mettent en scène aussi bien Jésus, Moïse et Mahomet. Mais on n'est pas obligé de montrer pour autant des caricatures qui sont à la limite de la pornographie et qui sont quand même ignobles, insiste-t-il. On n'est pas obligé d'insulter les gens pour défendre la liberté d'expression."

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