Assassinat de Samuel Paty : "La majorité des musulmans n'écoute pas le message" du militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, assure le directeur de l'association Hozes

Abdelhakim Sefrioui, figure connue de l'islam radical, fiché S, a été placé en garde à vue.

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Radio France
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Abdelhakim Sefrioui, arrêté, dans un véhicule des forces de l'ordre le 29 décembre 2012 à Paris.  (MIGUEL MEDINA / AFP)

"Je pense qu'aujourd'hui la majorité des musulmans n'écoute pas le message d'Abdelhakim Sefrioui", a déclaré lundi 19 octobre sur franceinfo Yacine Hilmi, directeur de l'association Hozes, qui propose des formations pour les dirigeants associatifs, notamment les imams, et qui est à l’initiative de l’appel des imams de la paix, une tribune publiée ce lundi sur le site Saphirnews. Abdelhakim Sefrioui avait accompagné le père d'une élève à un rendez-vous avec la principale du collège, pour se plaindre du cours de Samuel Paty où il avait montré des caricatures de Mahomet.

franceinfo : Que faire avec Abdelhakim Sefrioui un personnage public, qui s'affiche dans différents médias, qui s'est auto-proclamé imam mais dont on a l'impression que personne ne sait réellement quel statut il possède ?

Yacine Hilmi : C'est une personnalité qui est connue pour des agitations dans différentes organisations. Donc, je pense qu'aujourd'hui, la majorité des musulmans n'écoute pas son message. Il n'est pas entendu, mais il suffit qu'une minorité perturbée ou une minorité radicalisée écoute son message, alors là, ça peut avoir des conséquences dramatiques. Donc, le problème aujourd'hui, c'est d'avoir une structuration des imams, une structuration pour éviter que des personnes s'autoproclament, comme ce monsieur qui est apparemment secrétaire d'une association.

Comment différencier aujourd'hui un imam qui prêche la paix et un imam qui prêchait des messages de haine ?

Déjà, la première des choses, c'est de savoir quelle est la formation de cet imam. Un imam qui aurait des années de théologie, est-ce qu'il porterait ce discours de haine ? J'en doute, en tout cas en France, parce que la première chose qu'on constate avec les différents imams qu'on suit, c'est que ce sont des imams qui respectent les lois de la République. Une des choses les plus importantes, c'est de respecter les lois et de respecter les valeurs. Donc, à mon sens, les imams qui s'autoproclament imams et guides, ce sont eux qui posent problème. Aujourd'hui, il n'y a pas d'autorité, une personne qui parle un peu arabe et qui connaît un peu quelques sourates du Coran peut s'autoproclamer imam.

Hassen Chalgoumi, imam de la mosquée de Drancy, a fait part de sa colère ce lundi après-midi, devant le collège de Conflans-Sainte-Honorine. Vous la partagez ?

Oui, en effet, on la partage et c'est pour ça qu'on a sollicité des imams de toute la France, de toutes les régions de France, pour témoigner cet attachement à la République et en même temps, à la sacralité de la vie. Le fait de toucher à un enseignant, c'est une valeur très importante pour les imams parce qu'ils sont aussi enseignants, donc ils enseignent aussi à leurs fidèles et c'était important de les réunir et d'affirmer cette union avec la communauté nationale. Ces imams [signataires], ils ressentent cette responsabilité parce que cet attentat a été fait au nom de l'islam, au nom de la religion qu'ils transmettent au nom du message qu'ils portent. Donc, il était normal de pouvoir récuser et pouvoir condamner avec force et avec détermination cet acte terroriste et d'avoir une pensée pour les proches de Samuel Paty.

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