Assassinat de Samuel Paty : face au "véritable fléau" des réseaux sociaux, les chefs d'établissements sont souvent démunis

Alors que la la situation semblait apaisée entre Samuel Paty et les parents d'élèves au sein du collège de Conflans-Sainte-Honorine, elle ne l'était pas sur les réseaux sociaux. Les collègues du professeur d'histoire assassiné pointent du doigt la responsabilité des plateformes.

Article rédigé par
Alexis Morel - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Illustration d'une collégienne avec son téléphone portable. (YANN FOREIX / MAXPPP)

Les collègues de Samuel Paty, assassiné vendredi, ont publié un communiqué, mardi 20 octobre, où ils y expriment leur "vive inquiétude face à l'impact des réseaux sociaux" sur la vie des établissements scolaires, qu'ils estiment être "un véritable fléau". Car le drame de vendredi l'a cruellement rappelé, juste avant l'assassinat du professeur d’histoire, la situation paraissait apaisée au sein du collège de Conflans-Sainte-Honorine mais elle ne l'était pas sur ces réseaux.

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Les tensions, créées ou relayées sur les réseaux sociaux consultés par les élèves, sont devenues une problématique majeure pour les chefs d’établissements. Harcèlement ou bagarre, toutes les semaines il faut gérer un conflit lié à ces plateformes, selon Audrey Chanonat, principale d'un collège de La Rochelle. "On a des affaires qui commencent sur les réseaux sociaux à l’extérieur dont nous gérons les répercussions à l’intérieur des établissements, explique la principale, membre du Snpden, le syndicat des chefs d’établissement. Et à l’inverse, des histoires souvent bénignes qui débutent dans les établissements ont ensuite des répercussions sur les réseaux sociaux."

Par exemple, des insultes peuvent commencer en classe entre deux élèves, et se poursuivre ensuite dans leur groupe WhatsApp. Au lieu d’impliquer deux personnes, ces histoires en impliquent 25, puis les parents.

Audrey Chanonat, principale d'un collège

à franceinfo

La chasse aux informations

Ces échanges virtuels sont impossibles à maîtriser. Même si certains proviseurs tentent désormais d'aller eux-mêmes à la chasse aux informations en tapant le nom de leur lycée sur Twitter ou Instagram. "Ça peut être intéressant d’aller prendre la température, et de voir ce qui se dit autour d’un établissement scolaire, explique Bruno Bobkiewicz, proviseur à Vincennes, et secrétaire national du Snpden. Cela m'est arrivé sur des moments où, à la suite d'intrusions ou de violences inter-quartiers, on attendait de savoir si potentiellement il y avait un acte 2 ou 3 prévu, et s'il y avait des choses qui circulaient sur les réseaux sociaux." Anticiper quand c'est possible mais globalement, ces chefs d'établissements paraissent bien démunis face au phénomène.

L'impact des réseaux sociaux dans les établissements scolaires : écoutez le reportage d'Alexis Morel
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