Une journée d'horreur au Kenya après l'attaque d'une université par des islamistes shebabs

Au moins 147 morts et 70 blessés seraient à déplorer dans cette attaque de l'université de Garissa, dans l'est du pays.

Un membre des forces de sécurité escorte une étudiante, sur le campus de Garissa (Kenya), après l\'attaque des shebabs islamistes, jeudi 2 avril 2015.
Un membre des forces de sécurité escorte une étudiante, sur le campus de Garissa (Kenya), après l'attaque des shebabs islamistes, jeudi 2 avril 2015. (CARL DE SOUZA / AFP)

Des islamistes shebabs masqués et armés ont attaqué l'université de Garissa, au Kenya, jeudi 2 avril. Le bilan provisoire est de 147 morts et d'au moins 70 blessés, a indiqué une source gouvernementale. Par ailleurs, quatre assaillants ont été tués dans l'assaut par les forces de l'ordre, a annoncé le ministère de l'Intérieur kenyan. Francetv info vous résume cette journée sanglante.

L'assaut

Il est environ 5h30 au Kenya (4h30 en France), jeudi 2 avril, quand un commando shebab pénètre à l'intérieur de l'université de Garissa. Ils abattent deux gardes à l'entrée et ouvrent le feu au hasard dans le campus. L'université de cette ville de l'est du Kenya accueille quelque 800 étudiants de tout le pays, dont beaucoup dorment sur le campus, à un kilomètre à peine du centre-ville.

"Nous dormions quand nous avons entendu une forte explosion, suivie par des tirs ; tout le monde a commencé à fuir pour se mettre à l'abri", a raconté un étudiant, Japhet Mwala. Mais "certains n'ont pas pu quitter les bâtiments vers lesquels les assaillants se dirigeaient en tirant", a-t-il ajouté.

Rosalind Mugambi, une autre étudiante, dit aussi s'être enfuie en direction des champs alentour, avec d'autres étudiants, blessés en chemin. "Nous avons vu des traces de sang, ils s'étaient fait tirer dessus, dit-elle. Les balles nous suivaient." Les assaillants ont "ouvert le feu aveuglément à l'intérieur du campus", a confirmé le chef de la police kenyane dans un communiqué. 

Les étudiants répartis par religion

Le commando a séparé les étudiants en fonction de leur religion. Ils ont laissé partir sains et saufs les musulmans, gardant en otage les autres, a ajouté le porte-parole des shebabs, Cheikh Ali Mohamud Rage. Il a ajouté que le commando avait pour mission de "tuer ceux qui sont contre" les shebabs, groupe affilié à Al-Qaïda.

Certains étudiants racontent encore que des avertissements avaient été placardés à travers le campus, mettant en garde contre le risque d'une attaque imminente. "Il y a eu des rumeurs d'attaque toute la semaine, les services administratifs de l'école avaient même été informés", dit l'un d'eux.

Depuis fin 2011, le Kenya a envoyé des troupes combattre les shebabs dans le sud de la Somalie. Les insurgés somaliens n'ont depuis cessé de menacer le pays de représailles et sont déjà passés à l'action à plusieurs reprises. Ils ont notamment mené une spectaculaire attaque contre le centre commercial Westgate de la capitale, Nairobi (67 morts en septembre 2013), et une série de raids tout aussi sanglants (96 morts au moins) en juin et juillet 2014, près du très touristique archipel de Lamu (est).

Les forces de sécurité interviennent

Rapidement, la zone de l'université a été totalement bouclée par la police, et les médias tenus à l'écart. Les forces de sécurité ont lancé une opération de sauvetage dans l'après-midi pour libérer les étudiants retenus en otage par le commando. 

En début de soirée, l'intervention était sur le point de se terminer, selon le ministre de l'Intérieur kenyan. "Nous avons perdu beaucoup de vies, leur nombre n'est pas totalement confirmé", a déclaré le ministre Joseph Nkaissery, ajoutant que le bilan restait provisoire. En outre, "79 personnes ont été blessées, dont neuf sont dans un état critique", a-t-il dit, treize heures après le début de l'attaque, précisant que "500 étudiants avaient été secourus".