Attentats de l'Aude : "Faut pas leur montrer qu'ils nous ont anéantis, ils ne nous auront pas", lance une cliente rescapée du Super U de Trèbes

Alors qu'un hommage national sera rendu mercredi au gendarme Arnaud Beltrame, Patricia une cliente rescapée du Super U de Trèbes (Aude) témoigne sur franceinfo que "c'est peut-être grâce à lui si on est tous vivants aujourd'hui."

Le Super U de Trèbes (Aude) le lendemain de l\'attaque, le 24 mars 2018.
Le Super U de Trèbes (Aude) le lendemain de l'attaque, le 24 mars 2018. (ERIC CABANIS / AFP)

Cinq jours après l'attentat du Super U de Trèbes (Aude), Patricia témoigne mercredi 27 mars sur franceinfo. Cette habitante du petit village de Douzens dans l'Aude, faisait ses courses dans le supermarché lorsque Radouane Lakdim y a fait irruption. "Je l'ai entendu rentrer dans le magasin, j'ai entendu une déflagration, et après le deuxième tir, il a dit sa phrase en arabe, que je n'arrive pas à mémoriser, je me suis rendue compte qu'on était dans un état de terrorisme", raconte-t-elle.  

Le terroriste était "à deux ou trois mètres de moi"

"Je me suis mise à courir, mais je l'ai entendu dire 'ne courez pas, couchez-vous, sinon je tire'. Il était à deux ou trois mètres de moi", se souvient cette retraitée âgée de 66 ans. Patricia peine à se remettre de cette attaque.

Je suis anéantie. Je réalise de plus en plus qu'on aurait pu faire partie des victimes.Patricia à franceinfo

Ce mercredi, elle regardera l'hommage à Arnaud Beltrame à la télévision. "Je le vivrai à la télé, de manière indirecte, parce que je ne peux pas...", confie-t-elle avant de poursuivre que le gendarme ne "méritait pas de mourir". Peut-être que c'est grâce à lui si on est tous vivants aujourd'hui, explique-t-elle. Je n'arrive pas à réaliser qu'il y était et que l'autre s'est acharné sur lui."   

Patricia adresse un message aux hommes politiques. "Il faut qu'ils fassent quelque chose, que cela ne se reproduise plus. Il va falloir combien de morts, combien de gens meurtris, pour qu'on puisse comprendre qu'il faut que cela s'arrête", interroge-t-elle. Aujourd'hui Patricia veut continuer à vivre. "Faut pas leur montrer qu'ils nous ont anéantis, ils ne nous auront pas", prévient-elle.