Attaques dans l'Aude : le député Nouvelle Gauche Joaquim Pueyo dénonce "le silence" de l'entourage du terroriste

Le vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées à l'Assemblée nationale, Joaquim Pueyo, se dit dimanche sur franceinfo "convaincu que dans l'entourage de Radouane Lakdim, il y avait des indices" de sa radicalisation.

Le député Nouvelle Gauche Joaquim Pueyo, à l\'Assemblée nationale le 3 octobre 2017.
Le député Nouvelle Gauche Joaquim Pueyo, à l'Assemblée nationale le 3 octobre 2017. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Deux jours après les attaques dans l'Aude qui ont fait quatre morts, le député Nouvelle Gauche de l'Orne Joaquim Pueyo a dénoncé dimanche 25 mars sur franceinfo l'attitude de l'entourage du terroriste. Selon l'élu, vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées et ancien directeur de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), les proches de Radouane Lakdim avaient forcément des indices sur sa radicalisation.

franceinfo : Le terroriste était suivi mais pas jugé dangereux dans l'immédiat. Les critiques vis-à-vis des services de renseignement vous paraissent-elles justifiées ?

Joaquim Pueyo : Les critiques, je ne sais pas, les questions probablement. Mais c'est très difficile. On a voté à plusieurs reprises des lois pour renforcer les services de renseignement en terme d'effectifs, de logistique. Il faut continuer à donner suffisamment de moyens aux services de renseignement dans le cadre des budgets qui seront votés chaque année. Mais il y a plus de 20 000 personnes fichées "S", c'est très difficile de les suivre individuellement. Je ne veux donc pas polémiquer sur ce sujet-là, parce que c'est trop facile.

Mais pensez-vous que l'attentat de vendredi aurait pu être empêché ?

On ne peut pas répondre à cela. Le ministre de l'Intérieur nous a indiqué qu'un nombre conséquent d'attentats ont pu être évités grâce aux services de renseignement. Là, on a quelqu'un qui était suivi, l'attention a été forte pendant des années, puis elle a été moins forte parce qu'on ne pensait pas qu'il allait passer à l'acte. C'est facile, après coup, de dire : "On aurait dû le suivre plus précisément, on aurait dû faire des perquisitions à son domicile." On a un autre problème : est-ce que l'entourage de Radouane Lakdim savait ? Il y a beaucoup de silence. On ne peut pas être silencieux lorsqu'on a des indices sur quelqu'un. Et je suis convaincu que dans l'entourage de Radouane Lakdim, il y avait des indices.

Vous avez été le directeur de la prison de Fleury-Mérogis. Le renseignement est-il suffisant en prison ?

Non, il n'est pas suffisant. Actuellement, vous avez 500 détenus qui sont écroués suite à des faits liés au terrorisme, ce qui n'est pas négligeable. Et vous avez plus de 1 000 détenus qui sont signalés. Par conséquent, la prison est un élément important dans la radicalisation. Il faut donc donner plus de moyens aux services de renseignement qui se mettent en place dans les prisons. D'autre part, il faut également éviter la contagion : on a donc des projets pour créer des structures autonomes permettant d'écrouer des détenus radicalisés. On voit bien que tous ceux qui ont commis des attentats sont passés par la case prison.