Attaques dans l'Aude : "J’ai vu la barbe, les cris et le flingue, j’ai compris tout de suite" raconte le vigile du Super U

François, vigile au Super U de Trèbes, dans l'Aude, était présent lorsque le preneur d'otages est entré dans le magasin, vendredi.

Le Super U de Trèbes (Aude), le 23 mars 2018.
Le Super U de Trèbes (Aude), le 23 mars 2018. (PASCAL PAVANI / AFP)

Trois personnes ont été tuées et seize autres blessées, dont deux grièvement, dans les trois attaques perpétrées, vendredi 23 mars, dans l'Aude. Le suspect, abattu par les gendarmes du GIGN, est un Franco-Marocain de 25 ans, Redouane Lakdim, connu des services de renseignement. La section antiterroriste du parquet de Paris est saisie de la fusillade et de la prise d'otages dans l'Aude. Le groupe État islamique a revendiqué les attaques.

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François : "Il m'a tiré deux fois dessus"

François est l'un des vigiles du Super U de Trèbes, près de Carcassonne, où a eu lieu la troisième attaque. L'assaillant est entré dans le supermarché vers 11h du matin. "J’ai vu la barbe, les cris et le flingue, j’ai compris tout de suite", se souvient François au micro de franceinfo. Il dit avoir entendu les coups de feu et vu "une personne qui criait et tirait dans le magasin avec deux personnes à terre".

François raconte encore que le preneur d'otages lui "a tiré deux fois dessus". Le vigile est ensuite parvenu à faire sortir plusieurs otages : "J’ai évacué le personnel et quelques clients pour les éloigner de la zone", affirme-t-il, estimant avoir permis à une vingtaine de personnes de quitter le Super U.

"Il tirait encore, donc je n’ai pas traîné. Ça va vite. On n’a pas le temps de réfléchir, on fait demi-tour et on part ", a-t-il ajouté. Pour François, "on a l’habitude de voir ça à la télé maintenant. Le danger, on le connaît".

André : "J'ai entendu couchez-vous ! couchez-vous ! "

André, un retraité de 76 ans qui était dans le supermarché au moment de la prise d'otages. "Je finissais les courses, a-t-il raconté à franceinfo, j'étais dans un rayon, je m'approchais des caisses, c'est là qu'on a entendu les premiers coups [de feu]. Au premier abord je n'ai pas trop fait attention parce qu'on a cru que c'étaient des pétards. (…) Après ça canardait."

"J'ai entendu couchez-vous ! couchez-vous ! Moi j'étais déjà presque couché, je me suis couché un peu plus, puis ça s'est un peu calmé", a-t-il ajouté.

"On n'entendait pas grand-chose, a expliqué René. On a sorti un peu la tête pour voir, puis on a ouvert la porte qu'il y avait derrière et les gendarmes ont pu nous évacuer. A l'aide d'une échelle, ils sont passés par-dessus un grillage. Ils nous ont fait passer par le même chemin qu'eux." 

Manon : "Des coups de fusils... on entend crier Allahou Akhbar"

"C'est dur à vivre, mais là ça va mieux petit à petit on déstresse", a déclaré Manon, qui se trouvait parmi les otages dans le supermarché de Trèbes, à France Bleu Roussillon. Elle faisait ses courses au Super U quand le preneur d'otage a fait irruption.

"On a entendu un bruit, a-t-elle raconté. On pensait que c'est une palette qui était tombée et j'ai vu mon petit frère qui arrivait en courant et qui me dit qu'il y a une personne avec un fusil." 

"Là, on entend, couchez-vous, couchez-vous ! a-t-elle poursuivi. Des coups de fusils... on entend crier Allahou Akhbar. On voit tout le monde courir. On s'est réfugiés derrière dans la réserve. Petit à petit à petit, on a pu s'éloigner du magasin et on a pu se réfugier au magasin Peugeot et après on a été évacués (…)".