Arnaud Beltrame avait déjà porté secours "au péril de sa vie" à une Française sur le point de se faire enlever en Irak

Cet acte de bravoure lui avait valu d'être décoré de la croix de la valeur militaire avec citation à l’ordre de la brigade.

Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, tué dans l\'attaque terroriste de Trèbes (Aude), le 23 mars 2018.
Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, tué dans l'attaque terroriste de Trèbes (Aude), le 23 mars 2018. (GENDARMERIE NATIONALE)

C'est un épisode méconnu de la vie d'Arnaud Beltrame, et dont les détails restent très flous. Le gendarme, qui s'est substitué à une otage retenue par Radouane Lakdim lors de l'attaque du Super U de Trèbes (Aude), avait porté secours en 2005 à une Française qui était sur le point d'être enlevée en Irak, rapporte L'Obs lundi 26 mars.

A l'époque, Arnaud Beltrame faisait partie de l'Escadron parachutiste d'intervention de la gendarmerie nationale (EPIGN), groupe d'appui du GIGN. Alors que la guerre faisait rage, il était notamment chargé de protéger l'ambassade de France à Bagdad et d'assurer la sécurité des diplomates présents sur place.

Une mission "complexe"

Mais le 7 septembre 2005, les services de renseignement français ordonnent à Arnaud Beltrame et ses hommes de porter secours à une militante pacifiste. Arrivée deux ans plus tôt dans le pays, elle souhaitait jouer le rôle de bouclier humain sur plusieurs sites de Bagdad pour empêcher les bombardements américains. Mais la situation a évolué, et la ressortissante française est désormais terrée dans un hôtel de la ville, "visée par les groupes terroristes pour qui cette humanitaire française serait une otage idéale", raconte L'Obs.

On ignore comment la mission s'est précisément déroulée. Toujours est-il qu'après la mort du gendarme, samedi 24 mars, la Direction générale de la gendarmerie nationale a fait savoir sur cet épisode que "dans des conditions particulièrement dégradées en termes de sécurité, [Arnaud Beltrame] avait conduit, au péril de sa vie, une mission complexe de récupération d'un ressortissant français menacé par un groupe terroriste, qui lui vaut d’être décoré de la croix de la valeur militaire avec citation à l’ordre de la brigade", rapporte le magazine.