Procès des attentats du 13-Novembre : "Gagner la guerre du temps, c'était ça notre combat", témoignent les médecins intervenus au Bataclan

Les auditions des 350 parties civiles se sont terminées jeudi devant la cour d'assises spéciale de Paris. 

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Radio France
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L'entrée de la salle d'audience, au palais de justice de l'île de la Cité, à Paris, le 27 octobre 2021. (MAGALI COHEN / HANS LUCAS)

La dernière journée d'audition des parties civiles du procès des attentats du 13 novembre a été marquée par les dépositions de Matthieu Langlois, médecin du Raid, et de Denis Safran, médecin-chef de la BRI et premier soignant à être entré au Bataclan.

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Ces deux médecins des forces spéciales ont été les seuls à être autorisés à pénétrer dans la zone rouge, la zone de guerre à l’intérieur du Bataclan. Alors que l’assaut n’avait toujours pas été donné et que les terroristes étaient toujours à l’étage, ils ont oeuvré sous la menace des tirs ou d’une explosion.

Le difficile travail de tri des blessés

À la barre Matthieu Langlois, 51 ans, médecin du Raid, se souvient du chaos "de ces corps partout dans la fosse, des allers-retours avec l’aide les policiers de la BAC pour extraire des blessés". Un travail de tri ou plutôt de priorisation. "On a fait sortir tout le monde, toutes les victimes encore vivantes, mais pour gagner en vitesse, en rapidité, il faut malheureusement faire des choix, des choix très durs. C’est pour cela que ça demande une vraie expérience médicale, c’est très humain", débute le médecin.

"Il faut gagner la guerre du temps, c'était ça mon combat. Pour ça, je dois évaluer ceux qui sont malheureusement déjà décédés. Eux, je sais qu’il faut les laisser sur place. Sur un accident classique on peut faire autrement, mais là on n’a pas le temps et la menace est telle qu’il faut aller vite."

Matthieu Langlois, médecin du Raid

à franceinfo

Matthieu se souvient de cette jeune fille, blessée à la tête. "Elle était tellement atteinte que j’en ai laissé d’autres avoir une chance avant elle." La jeune fille a été évacuée. Il apprendra plus tard qu’elle est morte à la Pitié Salpêtrière. Il confie ce soir-là avoir été vidé physiquement et psychologiquement.

"On a fait du mieux qu'on a pu"

Après lui le professeur Denis Safran, 73 ans, médecin de la BRI et ancien chef de réanimation à l’hôpital Georges Pompidou est venu raconter comment ils avaient utilisé les barrières Vauban à l’horizontale pour transporter les très nombreux blessés vers les services de secours. "On aurait aimé avoir plus de brancards, être plus nombreux, avoir plus de médecins. On s’est adapté, on aurait aimé faire autrement. Est-ce qu’on aurait pu mieux faire ? Difficile de répondre à votre question. On a fait du mieux qu’on a pu", lance-t-il à la barre aux proches des victimes présents dans la salle. Certains sont venus le remercier à la fin de son audition.

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