"Je vous aime" : au Hellfest, les Eagles of Death Metal rendent hommage aux victimes du Bataclan

Le groupe américain, qui jouait le soir des attentats du 13-Novembre, était à Clisson samedi soir. Une bonne vingtaine de membres de l’association Life for Paris ont assisté au concert.

Jesse Hughes, chanteur du goupe \"Eagles of Death Metal\", sur la scène du Hellfest à Clisson (Loir-Atlantique), le 22 juin 2019.
Jesse Hughes, chanteur du goupe "Eagles of Death Metal", sur la scène du Hellfest à Clisson (Loir-Atlantique), le 22 juin 2019. (MAXPPP)

"Je vous aime. Je me sens chez moi. Vous ne nous avez pas laissé tomber." C'est en milieu de concert (et en français dans le texte) que Jesse Hughes a ôté ses lunettes de soleil pour s'adresser,  samedi 22 juin, au public du Hellfest à Clisson (Loire-Atlantique). Très ému d'être ici, trois ans après son dernier show en France (à l'Olympia), le leader des Eagles of Death Metal avait pour l'occasion accroché le fameux badge de l'association Life for Paris, en hommage aux victimes des attentats du 13-Novembre.

Tee-shirt noir sur le dos, le musicien a plusieurs fois regardé en contrebas dans une direction précise. Celle où étaient postés une bonne vingtaine de membres de l’association créée en soutien aux victimes des attaques terroristes de Paris et Saint-Denis en 2015, qui ont fait 131 morts dont 90 au Bataclan, où Eagles of Death Metal se produisait en concert ce soir-là.

Leur premier concert en France depuis 2016

La présence du groupe américain sur une des deux scènes principales du Hellfest, aux alentours de 17h30, avait quelque peu valeur de symbole. Il faut dire que Jesse Hughes était jusqu'alors persona non grata dans les festivals hexagonaux après ses déclarations polémiques dénonçant un manque de sécurité au Bataclan.

Conséquence, après avoir donné un concert en hommage aux victimes en février 2016, son groupe fut déprogrammé des festivals Rock en Seine et Cabaret Vert l'été qui suivit. Depuis, Jesse Hughes et son groupe, quelque peu remanié, n'étaient plus reparus sur une scène française.

En trois quarts d'heure, marqués par un set plein d'allant et de reprises de Moonage Day Dream de David Bowie, d'Ace of Spades de Motorhead, ils ont visiblement regoûté au plaisir de jouer sur une terre française qui s'était douloureusement évanoui quatre ans plus tôt.