Anaïs, la soeur d'une des victimes des attentats : "Je ne sais pas contre qui être en colère"

Anaïs a perdu son frère Guillaume Le Dramp, victime des attentats du 13 novembre, témoigne : "il n'y aura pas de justice pour mon frère".

FRANCE 2

Il s'appelait Guillaume Le Dramp. Il avait 33 ans. Il est mort sous les balles des terroristes à la terrasse de La Belle équipe, dans le 11e arrondissement de Paris. Dix jours après les attentats, sa soeur, Anaïs, veut témoigner sans haine et malgré le chagrin. "Le deuil, on ne peut toujours pas le faire", explique-t-elle au micro de France 2. "On va rire avec des amis en pensant à lui. Puis dix minutes après, on va s'effondrer", raconte-t-elle. 

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Le plus dur, selon la jeune femme ? "Il n'y aura pas de justice pour mon frère. On a encore du mal à dire qu'il a été assassiné". Et Anaïs d'affirmer : "Je ne sais pas contre qui être en colère (...) C'est un groupe de barbares."

A la rencontre de la communauté musulmane

De Guillaume, la jeune femme dresse le portrait d'un homme "ouvert d'esprit", dynamique et joyeux. Il avait quitté sa ville Cherbourg (Manche) pour Paris où il était serveur. "Il cherchait toujours une excuse à la méchanceté des gens. Si quelqu'un était méchant, c'est parce qu'il avait peut-être une raison de l'être donc il ne fallait pas forcément lui en vouloir. Il fallait vraiment chercher la cause du problème", poursuit Anaïs.

Guillaume Le Dramp avait beaucoup d'amis de culture musulmane. Alors dimanche 15 novembre, deux jours après sa mort, Anaïs et sa famille ont décidé en sa mémoire de se rendre à la mosquée de Cherbourg pour dialoguer. "Le message qu'on a eu c'était vraiment : 'On n’est pas contre vous, ce n'est pas de votre faute, ne vous sentez pas coupables'".

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