Vidéo Procès des attentats du 13-Novembre : "Il y a une peur du vide, une peur de l’après", témoigne le président de l’association 13onze15 Fraternité-Vérité

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Le verdict est attendu le 29 juin au procès des attentats du 13-Novembre qui entre dans sa dernière phase avec le début des plaidoiries des parties civiles. Même s'il reconnaît qu'"il est temps que ce procès se termine", Philippe Duperron regrettera "ce moment où nos morts revivaient".

"Nous nous étions préparés à ce long marathon, mais il est temps que ce procès se termine", a indiqué Philippe Duperron, président de l’association 13onze15 Fraternité-Vérité, lundi 23 mai sur franceinfo. Le procès des attentats du 13-Novembre à Paris et à Saint-Denis entre cette semaine dans sa dernière phase avec le début des plaidoiries des parties civiles prévues pour durer jusqu'à début juin. Le père de Thomas, mortellement blessé au Bataclan, est revenu sur les moments "extrêmement poignants" de ces dernières semaines durant lesquelles les témoignages des rescapés et proches des victimes se sont succédés. "C’était ce moment où nos morts revivaient et tout cela, finalement, nous manquera", a-t-il témoigné, huit mois après le début du procès faisant part d’une "forme d’addiction" et de la "peur du vide", de "l’après", qui approche pour les victimes.

franceinfo : Après huit mois de procès, est-ce que vous tenez le coup ?

Philippe Duperron : Nous tenons le coup, nous nous étions préparés à ce long marathon, mais il est temps que ce procès se termine. Cette dernière semaine a été importante parce que c’était un peu la séance de rattrapage. Ceux qui n’étaient pas convaincus de l’utilité de ces témoignages, ceux qui n’attendaient rien du procès se sont convaincus que c’était la dernière occasion qu’ils avaient de venir parler de leur douleur, de leur souffrance.

"On a vu combien l’onde de choc de cet attentat est importante et combien elle dévaste encore nombre de victimes."

Philippe Duperron, président de l’association 13onze15 Fraternité-Vérité et père d'une victime

à franceinfo

Que gardez-vous de tous ces témoignages au moment où cette page se tourne ?

Il y a eu des moments d’abattement, de douleur extrêmement profonde, des personnes dévastées et en même temps, à côté, des personnes qui étaient là pour exprimer la volonté de vivre. Parce qu’il fallait montrer que la vie, et l’envie de garder cette manière de vivre, devait tout transcender. Je retiendrai aussi le témoignage de ce jeune homme qui a exprimé ses trois années de dissociation complète. Il a complètement oublié ce qu’il avait vécu.

"Il était dans le Bataclan, il s’en souvient, mais il a totalement occulté ce qu’il avait vécu. Au bout de trois ans, il a pu reconstituer ce qu’il s’est passé et alors la culpabilité l’a envahi."

Philippe Duperron

à franceinfo

Il était en larmes à l’audience et la salle était en larmes avec lui. Le président, lorsqu’il reprend la parole presqu’un sanglot dans la voix, lui dit : "Monsieur, vous êtes une victime, vous n’êtes coupable de rien". C’était extrêmement poignant.

Le verdict est attendu le 29 juin, vous vous préparez à l'après procès ?

C’est un sujet de réflexion que nous menons : quoi mettre en œuvre pour aider les victimes, nos adhérents, pour faire face à ce trou d’air qui va se produire. Ils sont nombreux à avoir suivi le procès en salle d’audience ou sur la webradio. Il y a une forme d’addiction. Il y a une peur du vide. Une peur de l’après. C’était ce moment où nos morts revivaient et tout cela, finalement, nous manquera.

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