Procès du 13-Novembre : "L'écueil premier serait de tomber dans une justice immédiate et spectaculaire", déclare l'avocate de Mohamed Abrini

Maître Marie Violleau revient sur la "frénésie" des premiers jours du procès des attentats du 13 novembre 2015 et déplore que les accusés ne puissent pas s'exprimer avant plusieurs mois.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Dessin des accusés du procès des attentats du 13 novembre 2015 Mohamed Albrini (au centre) et Salah Abdeslam (à droite). (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

"Les sentiments sont exacerbés en ce début de procès, j'espère que cette frénésie va s'apaiser", déclare maître Marie Violleau l'avocate de Mohamed Abrini, un des accusés au procès des attentats du 13-Novembre, mardi 14 septembre sur franceinfo. "L'écueil premier serait de tomber dans une justice immédiate et spectaculaire". Marie Violleau a hâte d'"entrer dans le vif du sujet" pour que son client s'exprime enfin. Ce ne sera pas avant quatre mois, ce qui l'"agace un peu" alors qu'"un certain nombre de témoins" s'exprimeront devant la Cour d'assises spéciale de Paris "avant les accusés".

"Pour entrer dans le vif du sujet, sur les faits, ce ne sera pas avant 2022."

Marie Violleau

à franceinfo

franceinfo : Vous regrettez que votre client n'ait pas davantage la parole en ce début de procès ?

Marie Violleau : Exactement. En fait, Mohamed Abrini, comme les autres accusés, ne sera interrogé sur sa personnalité qu'en novembre. On aura alors ce qu'on appelle un interrogatoire de CV, pour savoir ce qu'ils ont fait dans leur jeunesse, ce qu'ils ont appris à l'école, en savoir plus sur leur famille... En revanche, pour entrer dans le vif du sujet, sur les faits, ce ne sera pas avant 2022. Je trouve que c'est un peu tard, d'autant qu'un certain nombre de témoins ont été cités par mes confrères de la partie civile. Je pense à Gilles Kepel qui sera par exemple appelé à déposer devant la Cour d'assises de Paris avant les accusés. Cela m'agace un peu.

En l'occurrence, Mohamed Abrini a-t-il des choses à dire à la justice et aux victimes ?

Il a parlé devant les enquêteurs belges, devant sa juge d'instruction belge et devant les magistrats instructeurs français. Je pense qu'il va continuer à s'expliquer. Figurez-vous qu'il attendait lui aussi ce procès avec impatience.

"Les sentiments sont exacerbés en ce début de procès, ce qui est normal."

Marie Violleau

à franceinfo

Le comportement de Salah Abdeslam influe-t-il sur votre client ?

Pas du tout. Les magistrats sont parfaitement habitués à voir à l'ouverture de ce genre d'audience des attitudes comme celles qu'a eu Salah Abdeslam. Ça ne change absolument rien pour la défense de mon client. On a neuf mois pour que les choses avancent tranquillement. On essaie de conserver une sérénité, ce qui n'est pas forcément le cas dans ce que je peux lire dans la presse ou sur internet.

Comment avez-vous trouvé le déroulement de ces premiers jours de procès ?

Je me rends compte que l'écueil premier serait de tomber dans une justice immédiate et spectaculaire. Ca vraiment, ça me gêne. C'est très compliqué pour les avocats de se dire qu'à chaque fois qu'on se lève, ce qu'on va dire va être immédiatement repris et interprété. J'ai peur que ça vicie l'essence même d'une audience devant la cour d'assise. Je pense toutefois que l'attitude des uns et des autres va se calmer. J'espère que cette frénésie va s'apaiser au fur et à mesure.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Procès des attentats du 13 novembre 2015

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.