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Procès des attentats du 13-Novembre : l'amertume des victimes et des avocats face aux auditions des enquêteurs belges

Les enquêteurs de l'unité antiterroriste de la police judiciaire fédérale de Bruxelles (Belgique) témoignent en visioconférence et de manière anonyme au procès des attentats du 13-Novembre, ce qui a fait polémique. Face à eux, les avocats français, comme les victimes, dénoncent une stratégie d'esquive.

Article rédigé par Gaële Joly
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
Croquis d'audience réalisé le 16 septembre 2021 lors du procès des attentats du 13-Novembre, au palais de justice de Paris. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Une dizaine d'enquêteurs belges doivent venir témoigner jusqu'à mardi 7 décembre au procès des attentats du 13-Novembre, en visioconférence et anonymes. Plusieurs ont déjà parlé la semaine dernière en détaillant le parcours des terroristes en Belgique. Des enquêteurs mis sur le grill après les ratés de l'enquête, mais qui n'ont guère envie de s'étaler.

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Ces auditions des enquêteurs belges étaient pourtant très attendues des victimes et de leurs proches, avides de réponses sur les failles du dossier. Mais elles propagent surtout un sentiment de frustration et de colère. "Une honte", s'emporte Arthur Dénouveaux, le porte-parole de l'association de rescapés Life for Paris. "C'est une énorme déception, il y a une forme de tristesse aussi, lâche-t-il. Nous, on est venus raconter notre douleur, se mettre à nu, raconter des choses pas faciles."

"On a juste un système belge qui essaie de ne pas être mis en accusation en France, de ne pas donner d'informations qui pourraient incriminer la manière dont la lutte antiterroriste s'effectuait en 2015 en Belgique."

Arthur Dénouveaux, porte-parole de l'association Life for Paris

à franceinfo

Même colère sur le banc de la défense. "On a une absence de réponse, dénonce Me Martin Méchin qui défend l'un des accusés. C'est valable à la fois pour la partie civile et c'est valable aussi pour la défense qui est très frustrée." L'avocat estime qu'il y a "des témoignages qui ne correspondent pas vraiment à la réalité du dossier et puis il y a des parjures, clairement. Quand un policier dit 'non, nous n'étions pas au courant de tel élément', je vous rappelle que le policier prête serment de dire toute la vérité. Clairement, ça n'a pas été le cas."

Depuis la semaine dernière, cinq accusés, Salah Abdeslam, Mohamed Abrini, Sofien Ayari, Osama Krayem et Mohamed Bakkali, refusent de prendre place dans le box pour contester l'absence en personne à la barre des enquêteurs belges et leur anonymisation.

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