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Procès des attentats du 13-Novembre : "Je suis satisfait qu'à événement exceptionnel, il y ait des peines exceptionnelles", réagit une victime

"J'attends que justice soit faite et que ce soit la justice de notre pays", confie sur franceinfo Franck, l'un des survivants des attentats du 13 novembre 2015, qui a témoigné au procès.

Article rédigé par franceinfo
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L'entrée de la salle d'audience du procès des attentats du 13 novembre à Paris, le 9 février 2022. (DANIEL FOURAY / MAXPPP)

"Je suis satisfait qu'à événement exceptionnel, vraiment, il y ait des peines exceptionnelles", réagit vendredi 10 juin sur franceinfo Franck, l'un des survivants des attentats du 13 novembre 2015.

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Après trois jours de réquisitions, le parquet national antiterroriste a réclamé, ce vendredi, la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos qui ont tué 130 personnes cette nuit-là. Des peines d'au moins cinq ans de prison ont été requises à l'encontre des 19 autres accusés. Franck rappelle que "ce ne sont que les réquisitions et pas le verdict", qui sera rendu le 29 juin.

franceinfo : Ces réquisitions sont à la hauteur de ce que vous attendiez ?

Franck : J'attendais surtout que les faits soient établis, que le procès aille au bout. D'ailleurs, j'attends le verdict. La justice est là parce que nous victimes, on ne pourrait pas la donner. Ce n'est pas possible. On a trop la tête dans le guidon. Donc oui, quelque part, je suis satisfait du travail accompli, même si ça a pris beaucoup de temps. Je suis satisfait qu'à événement exceptionnel, vraiment, il y ait des peines exceptionnelles. Mais ce ne sont que les réquisitions et pas le verdict. J'attends que justice soit faite et que ce soit la justice de notre pays. C'est la la différence entre ces gens-là et nous. C'est pour ça qu'il y a la nécessité d'un procès. La justice sera rendue, j'en attends rien d'autre. Mais, si les peines qui ont été proposées aujourd'hui peuvent être suivies, moi ça ne me dérange aucunement.

Les plaidoiries de la défense vont commencer lundi et vont durer deux semaines. Allez-vous y assister ?

Non, tout simplement parce que j'ai plein de choses à faire. J'ai témoigné au procès, j'aurais voulu assister le témoignages d'autres amis, j'ai pas mal suivi le procès la web radio. Maintenant, c'est quand même quelque chose d'assez lourd.

"Ça fait sept ans que cet événement nous est imposé, je mets une distance."

Franck, l'un des survivants des attentats du 13 novembre 2015

à franceinfo

Mais, il y a la web radio. Je vais certainement tendre l'oreille pour écouter certaines défenses. J'ai pu suivre ce procès comme je voulais. Quand je voulais m'y rendre, je m'y rendais. Quand je voulais écouter, j'écoutais. Pareil quand il y avait un ras-le-bol.

Qu'avez-vous appris au cours du procès ? Avez-vous changé avec ce procès ?

Je change tous les jours parce qu'un traumatisme comme ça... Au début on croit qu'il n'y a que l'attaque. Et puis après, on se rend compte des poupées russes, c'est les matriochkas : chaque jour, on découvre quelque chose. Ce que j'ai découvert, c'est qu'il y a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de moyens pour le procès du siècle. J'étais très admiratif de ça. Mais, je ne voudrais accuser personne mais est-ce qu'il y a eu autant d'efforts de faits pour empêcher l'événement ? C'est la question que je me posais encore tout à l'heure.

Ce procès vous a-il apaisé ?

D'avoir témoigné, oui. C'était très personnel, c'était vraiment un compte à régler. Ça m'a apaisé parce que j'ai vu des amis ou des gens que je ne connaissais pas pouvoir enfin déposer quelque chose. J'ai vu beaucoup d'humanité. Mais personnellement, ce qui m'a surtout apaisé, c'est très symboliquement le concert des Eagles of Death Metal qui a eu lieu le 26 avril [à l'Olympia], pendant le procès. Je n'étais pas retourné les voir depuis [les attentats]. Bizarrement, c'est ce qui m'a plus apaisé. Puis, je me suis mis à l'écriture pour essayer un peu de déposer mon histoire, mon témoignage. Quelque part c'est cathartique.

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