Procès des attentats du 13-Novembre : "Je pense qu'en réalité on n'était pas préparés", a témoigné l'ancien procureur François Molins

La cour d'assises spéciale entend le magistrat, qui succède à la barre à l'ex-ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. 

François Molins, alors procureur de la République de Paris, lors d\'une conférence de prese sur les attentats du 13-Novembre, le 24 novembre 2015.
François Molins, alors procureur de la République de Paris, lors d'une conférence de prese sur les attentats du 13-Novembre, le 24 novembre 2015. (LOIC VENANCE / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Grande première pour François Molins. L'ancien procureur de la République de Paris, devenu malgré lui la voix de la justice lors de la période des attentats, a succédé à Bernard Cazeneuve, mercredi 17 novembre, à la barre de la cour d'assises spéciale de Paris pour le procès des attentats du 13 novembre 2015. Suivez son audition avec franceinfo.fr. 

Une première pour le haut magistrat. C'est la première fois, en quarante ans de carrière, que le magistrat de 68 ans témoigne à un procès. Après sept années au parquet de Paris, marquées par les attaques à Toulouse et Montauban de Mohammed Merah en 2012, les attentats de Charlie Hebdo, Montrouge et l'Hyper Cacher en janvier 2015, ceux du 13-Novembre la même année et celui de Nice en 2016, François Molins est aujourd'hui procureur général près la Cour de cassation, le plus haut poste de magistrat du parquet.

Un procureur passé maître dans l'art de la communication. Au fil des années, les Français ont découvert François Molins à la télévision, lors de conférences de presse diffusées en direct. Ils se sont aussi familiarisés avec son style rassurant, un phrasé clair et des descriptions chirurgicales. On lui doit notamment l'expression des appartements "conspiratifs" − où sont fomentés des attentats , emprunté aux dossiers de terrorisme basque. "Aujourd'hui, la communication judiciaire fait partie du métier de procureur, c'est une obligation", avait confié François Molins à franceinfo.  

  Le suivi judiciaire de Samy Amimour en question. Ce "super proc", comme il est qualifié dans les médias, devrait toutefois répondre à des questions délicates, comme le suivi judiciaire de l'un des terroristes du Bataclan, Samy Amimour. Ce jeune Français avait été déféré, mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en 2012 dans le cadre d'un projet de départ en Syrie. Il est malgré tout parvenu à s'y rendre en septembre 2013 avec un autre terroriste du Bataclan, Ismaël Omar Mostefaï, fiché S. Comme l'avait relevé la commission d'enquête parlementaire sur les attentats"sa surveillance administrative, abandonnée avec sa mise en examen, conformément aux principes du procès équitable et des droits de la défense, n'a été remplacée par aucune mise en œuvre par la justice des techniques de renseignement".

Bernard Cazeneuve sur la même ligne que François Hollande ? La semaine précédente, l'ancien chef de l'Etat a été entendu pendant près de quatre heures par la cour d'assises spéciale, une première pour un président français. François Hollande a regretté que ces attentats n'aient pu être déjoués et a reconnu que le fait que son nom soit prononcé dans les revendications du groupe Etat islamique l'avait "fait réfléchir à [sa] propre responsabilité". Mais il a affirmé qu'il "ferai[t] exactement la même chose" aujourd'hui. L'ex-ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve devrait lui aussi être interrogé sur l'échec de la prévention de ces attaques

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #13_NOVEMBRE

23h12 : Quels contenus ne fallait-il pas manquer aujourd'hui sur franceinfo.fr ? Voici un rattrapage :

• Après leur reportage au Liban, retrouvez deux articles de nos journalistes Elise Lambert et Pierre-Louis Caron : les témoignages de sept jeunes qui racontent la crise qui ronge leur pays et la description d'une ligne de prévention du suicide qui croule sous les demandes.

• Les malades du Covid-19 représentent-ils 2% des patients hospitalisés en 2020 ? On a vérifié.

• Une équipe de France 2 s'est rendue en Syrie pour recueillir les témoignages d'habitants qui ont côtoyé les frères Clain, impliqués dans les attentats du 13-Novembre.

Dans cet article, nous répondons à cinq questions sur les destructions de satellites en orbite autour de la Terre après le tir de la Russie.

21h30 : C'est un voyage sur les traces des deux jihadistes français les plus influents du groupe Etat islamique. Jean-Michel et Fabien Clain avaient revendiqué les attentats de novembre 2015 depuis la ville de Raqqa. Une équipe de France 2 s'est rendue en Syrie pour recueillir les témoignages d'habitants qui les ont côtoyés :

21h07 : Avant la suspension de l'audience, l'ancien procureur de la République de Paris a répondu aux questions de la cour. L'audience reprendra demain à 12h30.

20h53 : "Son témoignage très poussé de ce qu’il a vu ce soir-là permet de répondre à certaines des questions qui me hantent depuis six ans. Que se passait-il à l’extérieur ? Qui était là ? François Molins fait partie de ceux qui ont vu le Bataclan après l’attentat. Son témoignage me fait vaciller."


David Fritz-Goeppinger tient son journal de bord pendant toute la durée du procès des attentats. Aujourd'hui, il revient notamment sur le témoignage à la barre de François Molins.

20h14 : "Même si on redoutait des attaques d'ampleur, je pense qu'en réalité on n'était pas préparés" aux attentats du 13-Novembre, a encore expliqué l'ancien procureur de Paris devant la cour d'assises spéciale.

20h09 : Devant la cour d'assises spéciale de Paris, François Molins a évoqué les débuts de l'enquête, après les attentats.



(Elisabeth de Pourquery / FRANCEINFO)

20h00 : Il est 20 heures, voici un nouveau résumé de l'actualité de ce mercredi :

• L'ancien procureur de la République de Paris François Molins témoigne en ce moment devant la cour d'assises spéciale de Paris. "Jamais je n'aurais imaginé un bilan aussi lourd", a-t-il déclaré. Suivez notre direct.


• Minsk affirme qu'Alexandre Loukachenko et Angela Merkel ont convenu d'entamer des négociations au niveau européen pour résoudre la crise des migrants en cours aux frontières de l'UE et de la Biélorussie.


• La "5e vague est là", a mis en garde le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. La France compte désormais 7 663 personnes hospitalisées, dont 1 300 en réanimation, selon les dernières données de Santé publique France. Suivez notre direct.

• L'Association des maires de France sera présidée par le maire LR de Cannes David Lisnard. Adoubé par le sortant François Baroin, il a été élu pour trois ans aux dépens de son rival "Macron-compatible", Philippe Laurent, maire de Sceaux.

19h22 : Le procureur fédéral belge menace de ne pas laisser témoigner les enquêteurs lors du procès à Paris si leur anonymat n'est pas respecté. En effet, selon Frédéric Van Leeuw, une loi belge du 25 décembre 2016 "inspirée de la législation française" garantit l'anonymat des unités spéciales et antiterroristes de la police fédérale belge.

18h46 : L'ancien procureur de la République de Paris François Molins est arrivé à la barre de la cour d'assises spéciale de Paris. Il fait le récit du soir du 13 novembre 2015.



(Thomas COEX / AFP)

18h03 : On fait le point sur l'actualité :

• Minsk affirme qu'Alexandre Loukachenko et Angela Merkel ont convenu d'entamer des négociations au niveau européen pour résoudre la crise des migrants en cours aux frontières de l'UE et de la Biélorussie.

• Le maire LR de Cannes, David Lisnard, adoubé par le sortant François Baroin, a été élu à la tête de l'Association des maires de France (AMF) avec près de 60% des voix face à Philippe Laurent.

La Suède va instaurer à partir du 1er décembre et pour la première fois un pass vaccinal pour les évènements intérieurs de plus de 100 personnes. Suivez notre direct.

• Ministre de l'Intérieur au moment des attentats, Bernard Cazeneuve a témoigné devant la cour d'assises spéciale de Paris. "Je n'ai jamais été destinataire d'une note émanant des services sous ma responsabilité m'informant d'une menace visant le Bataclan", a-t-il déclaré. Suivez notre direct.

17h50 : L'ancien procureur de la République de Paris est arrivé à la barre de la cour d'assises spéciale de Paris.

17h10 : "Mais je suis ministre de l'Intérieur, je dois agir, prendre des décisions, il y a ce que je ressens en tant que citoyen et qu'homme et que je n’ai pas exprimé à ce moment là", a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve devant la cour d'assises spéciale de Paris.

14h57 : Notre journaliste Catherine Fournier est toujours à la cour d'assises spéciale de Paris. L'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve revient sur les polémiques autour de l'intervention des policiers le soir des attentats.

14h21 : On fait le point sur l'actualité :

La mobilisation contre l'obligation vaccinale des soignants et le pass sanitaire se poursuit en Guadeloupe. Une manifestation a rassemblé entre 300 et 400 personnes hier au CHU de Pointe-à-Pitre. Franceinfo fait le point sur le mouvement.

Le ministre polonais de la Défense a averti que la crise à la frontière biélorusse "pourrait durer des mois, voire des années", affirmant que les migrants avaient à nouveau "attaqué la frontière polonaise" cette nuit.

• Ministre de l'Intérieur au moment des attentats du 13-Novembre, Bernard Cazeneuve a commencé à témoigner devant la cour d'assises spéciale de Paris pour expliquer ce que fut son action. Une audience à suivre dans notre direct.

Le groupuscule d'ultradroite l'Alvarium, "appelant à la violence et à la discrimination", a été dissous en Conseil des ministres, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

13h18 : Retour à la cour d'assise spéciale de Paris. L'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve témoigne à la barre.

13h11 : L'ancien procureur de la République de Paris est attendu à la barre de la cour d'assises spéciale, après l'ex-ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Notre journaliste Catherine Fournier est sur place.