Attentats de novembre 2015 : les victimes "attendent du procès la vérité", mais "elle n'est pas à la hauteur de la souffrance qui les habite", explique une association

Le vice-président de l'Association française des victimes de terrorisme François Zimeray explique comment il faut prémunir les victimes des attentats contre l'idée que le procès va leur rendre justice.

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Radio France
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François Zimeray à Copenhague le 14 février 2019 (MADS CLAUS RASMUSSEN / RITZAU SCANPIX)

Pour les victimes, "c'est une épreuve que d'être à nouveau confrontées à ce qu'elles ont vécu", lors des attentats du 13 novembre 2015, alors que le procès se tient au Palais de justice de Paris, a indiqué le vice-président de l'Association française des victimes de terrorisme François Zimeray, vendredi 17 septembre sur franceinfo.

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Ces victimes "attendent du procès la vérité, mais cette vérité est parfois très décevante, elle apparaît par lambeaux. Lorsqu'elle apparaît, elle n'est souvent pas à la hauteur de la souffrance qui les habite".

"Le procès ne rendra jamais justice à ceux qui ont perdu la vie, mais il fera passer le droit là où il y a eu le déni de toute dignité, de tout droit."

François Zimeray

à franceinfo

Selon François Zimeray, "chacun élabore son propre récit, sa propre façon de faire face", car assister au procès, "il y en a qui ont besoin de cela". Cependant, l'Association française des victimes du terrorisme a pris l'habitude de préparer les victimes avant un tel procès en "les prévenant que ce sera une épreuve pour elles et qu'il faut aussi faire le deuil de l'idée que le procès rendra justice", parce que "le procès ne rendra jamais justice à ceux qui ont perdu la vie, mais il fera passer le droit là où il y a eu le déni de toute dignité, de tout droit. C'est l'ambition la plus haute qu'une société comme la nôtre puisse se fixer et c'est déjà pas mal", a jugé François Zimeray.

Salah Abdeslam, principal accusé des attentats du 13 novembre 2015, a pris la parole lors du procès pour indiquer que les kamikazes n'avaient rien de personnel contre les victimes. Une phrase qui les a profondément choquées. Pour le vice-président de l'Association française des victimes de terrorisme, ces propos "disent bien qu'en réalité il [Salah Abdeslam] avait totalement déshumanisé ces victimes et qu'il ne voyait pas des êtres humains". Et c'est là que se tient aussi l'enjeu de "ces mois de procès [9 mois], c'est la longueur d'une gestation, c'est d'accoucher d'une prise de conscience que ce sont des gens qui ont été tués", a asséné François Zimeray.

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