Loi antiterroriste : le débat de deux figures du monde judiciaire

Le projet de loi antiterroriste a suscité beaucoup de réactions ce lundi 25 septembre à l'Assemblée nationale. Le gouvernement estime que c'est une loi équilibrée qui va protéger les Français. France 3 a posé la question à deux personnalités du monde de la justice.

France 3

D'un côté, Philippe Bilger, ancien magistrat, défend le projet de loi antiterroriste. De l'autre, William Bourdon, avocat des droits de l'homme le dénonce. Alors, est-ce que ce projet de loi est dangereux pour la démocratie ? "À partir du moment où l'arbitrage entre sécurité et liberté ne peut pas être fait de manière totalement équitable (...) je crois que beaucoup de Français sont prêts à sacrifier un peu de leur liberté pour la sécurité de tous", explique Philippe Bilger. "C'est une dérive sécuritaire qui est dangereuse, qui comportent de lourdes menaces à terme pour notre État de droit dont se prévaudront aussi d'autres pays demain en disant : 'Mais vous n'allez pas nous faire la leçon'", estime William Bourdon.

"On donne des armes à la démocratie"

Ce projet de loi est-il efficace ? "Imaginons le nombre d'attentats qui ont déjà été évités grâce à cet état d'urgence. Je considère qu'à partir du moment où on intègre le socle nécessaire dans l'état d'urgence à toute lutte efficace contre le terrorisme et bien on donne des armes à la démocratie", livre Philippe Bilger. "Tout le monde sait que ce n'est pas vrai parce que ce sont les grands spécialistes du renseignement qui le disent; parce que les réseaux terroristes se sont adaptés ; parce qu'ils ont plongé dans une hyper clandestinité ; parce que parfois des gens sortent de l'obscurité la plus totale et donc n'ont pas été susceptibles d'avoir été tracés par je ne sais quel radar, même les plus puissants de la planète. Donc, on est dans une forme de tromperie", réplique William Bourdon.

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La salle des pas perdus du tribunal de grande instance de Paris, le 19 janvier 2015.
La salle des pas perdus du tribunal de grande instance de Paris, le 19 janvier 2015. (MAXPPP)