Etat d'urgence : le bilan des perquisitions administratives en trois graphiques

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a fait savoir, mardi, que près de 2 900 perquisitions administratives avaient été ordonnées depuis les attentats du 13 novembre. 

Capture d\'écran de la carte des perquisitions administratives menées depuis la mise en place de l\'état d\'urgence, le 14 novembre 2015. 
Capture d'écran de la carte des perquisitions administratives menées depuis la mise en place de l'état d'urgence, le 14 novembre 2015.  (FRANCETV INFO)

Depuis son instauration au lendemain des attentats de Paris, quel est le bilan de l'état d'urgence ? Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé, mardi 22 décembre, que 2 898 perquisitions administratives avaient été ordonnées.

D'après un rapport de l'Assemblée nationale, 488 procédures judiciaires ont été lancées entre le 14 novembre et le 15 décembre. Francetv info vous propose de visualiser le bilan de l'état d'urgence en trois graphiques.

Une perquisition sur six a mené à une interpellation

Les 2 898 perquisitions administratives menées sur le territoire n'ont abouti qu'à 346 arrestations. Au total, 297 personnes ont été placées en gardes à vue et 51 ont été incarcérées, a annoncé le ministre de l'Intérieur, lors d'une visite à Toulouse.

Davantage de perquisitions dans l'Est et dans le Nord

Dans son rapport, l'Assemblée nationale renseigne aussi la localisation des 2 417 perquisitions administratives menées entre le 14 novembre et le 15 décembre. Logiquement, les agglomérations les plus peuplées ont connu un plus grand nombre de perquisitions.

Le choix des villes correspond aux lieux où sont placées les cours d'appel conforrmément au découpage de la carte judiciaire, et non aux départements ou aux régions administratives. Ainsi, Paris (qui prend en compte aussi la Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne, l'Essonne, le Val-de-Marne, et l'Yonne) se classe en première place avec 363 perquisitions administratives.

En deuxième place, on retrouve la juridiction d'Aix-en-Provence (qui correspond aux départements des Bouches-du-Rhône, mais aussi au Var, aux Alpes-Maritimes et aux Alpes-de-Haute-Provence) avec 255 perquisitions.

Certaines juridictions de l'est et du nord de la France sont cependant surreprésentées. Exemple avec Colmar, Douai ou Amiens, où ont été menées respectivement 96, 160 et 91 opérations policières. 

Rares sont les perquisitions qui ont abouti à une procédure judiciaire

Sur les 2 417 perquisitions menées entre le 14 novembre et le 15 décembre, 488 ont donné lieu à des procédures judiciaires après la constatation d'infractions. Celles-ci concernent principalement des cas de trafic de drogue et d'armes ou des individus en situation irrégulière, indique le rapport. 

Là encore, les juridictions parisienne et aixoise sont surreprésentées avec respectivement 86 et 42 procédures judiciaires entamées. 

Parmi les 488 procédures judiciaires dues à des infractions, 185 ont donné lieu à des poursuites. Sur l'ensemble du territoire, neuf procédures ont été classées sans suite alors que 58 peines ont été prononcées.