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Attentats du 13-Novembre : "Il ne faut pas attendre quoi que ce soit de la parole de Salah Abdeslam"

Maître Gérard Chemla, avocat de victimes des attaques terroristes de Paris et Saint-Denis, a estimé sur franceinfo que Salah Abdeslam était entré dans un "rapport de force".

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Radio France
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Dessin d'audience réalisé le 5 février 2018, lors du procès du jihadiste Salah Abdeslam, à Bruxelles (Belgique). (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Salah Abdeslam est sorti de son silence jeudi 28 juin. Le seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre 2015 a justifié les attaques qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. Une déclaration spontanée au cours de son audition devant le juge d'instruction. "Le fait de se suspendre à ses lèvres constitue une erreur", a réagi vendredi sur franceinfo Me Gérard Chemla, avocat de victimes des attentats du 13-Novembre. "Cela fait deux ans et demi que je dis qu'il ne faut pas attendre quoi que ce soit de la parole de Salah Abdeslam", a-t-il ajouté. "Nous n'avons rien à attendre, ni au titre de l'avancée de l'enquête ni des remords qu'il pourrait exprimer".

Abdeslam entre dans "un rapport de force"

Devant le juge, Salah Abdeslam s'est adressé aux victimes des attentats terroristes. "Nous ne vous attaquons pas parce que vous mangez du porc, vous buvez du vin ou vous écoutez de la musique, mais les musulmans se défendent contre ceux qui les attaquent", a-t-il déclaré.

Salah Abdeslam est entré dans un "rapport de force", estime Maître Gérard Chemla. "Il a réussi à se faire 'désirer', c’est-à-dire que pendant des mois il a amené les gens à le supplier de parler, ensuite il a ouvert sa bouche pour son complice Oulkadi pour obtenir sa libération et maintenant il a décidé de parler, non pas pour répondre aux questions, mais pour dire : 'Tout ça c'est de votre faute, je suis une victime des agressions de votre gouvernement'."

On n'est pas face à un repenti qui se rend parce qu'il s'est rendu compte qu'il était dans l'erreur

Gérard Chemla

franceinfo

Alors que l'instruction se poursuit, Gérard Chemla a appelé les juges à faire leur travail en comprenant que Salah Abdeslam n'était "pas un témoin", mais "un accusé de crimes majeurs qui doit être jugé". "Tout ce que Abdeslam va nous dire, il ne le dira que pour lui", a souligné l'avocat, qui doit rencontrer les juges les 9, 10 et 12 juillet. Il espère que le dossier sera clôturé en 2019 pour que le terroriste présumé soit jugé dans la foulée.

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