Cet article date de plus de cinq ans.

Attentats de Paris : comment les enquêteurs sont remontés jusqu'à la planque d'Abdelhamid Abaaoud

On en sait aujourd'hui un peu plus sur la manière dont les enquêteurs ont remonté le fil jusqu'à l'appartement de Saint-Denis où l'assaut a été donné mercredi.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'immeuble de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) contre lequel a été donné l'assaut, le 18 novembre 2015. (ERIC FEFERBERG / AFP)

En seulement cinq jours, les enquêteurs ont réussi à mettre la main sur celui qui était considéré comme l'instigateur des attentats de Paris, les plus meurtriers qu'ait connus la capitale. L'opération est spectaculaire : mercredi, à l'aube, l'assaut est donné contre un immeuble du centre-ville de Saint-Denis, à une dizaine de kilomètres au nord de Paris. Trois personnes sont tuées, dont Abdelhamid Abaaoud et Hasna Aït-Boulahcen, présentée comme sa cousine.

Jeudi, le procureur de Paris, François Molins, explique que cet appartement de la rue du Corbillon a été identifié grâce à un témoignage obtenu "lundi 16 novembre en fin de journée faisant état de la présence d'Abaaoud sur le territoire français". Un témoignage qui a alors fait l'objet "de nombreuses vérifications téléphoniques et bancaires", selon le procureur. On en sait aujourd'hui un peu plus sur la manière dont les enquêteurs ont remonté le fil jusqu'à cette planque.

Un renseignement des services marocains

Les services secrets marocains auraient transmis à la France de précieux renseignements pour traquer les terroristes. "Une heure après les attentats, les services secrets marocains ont dit à Paris qu'Abaaoud était impliqué et que le commando venait de Belgique. Et c'est Rabat qui a donné à Paris le téléphone de la cousine", assure au JDD une source proche des renseignements marocains. Même si le président français a publiquement remercié le roi du Maroc, Mohamed VI, cette thèse laisse sceptiques certains enquêteurs, souligne l'hebdomadaire.

Les services marocains ont arrêté le mois dernier un jeune frère d'Abdelhamid Abaaoud, Yassine, alors que l'avion à bord duquel il se trouvait venait d'atterrir à Agadir. Soumis à des interrogatoires après les attentats de Paris, le frère d'Abaaoud a-t-il pu livrer des informations importantes pour l'enquête ?

Des écoutes et une filature

Immédiatement après les attentats, Abdelhamid Abaaoud semble errer en région parisienne. On le voit vendredi à 22h14, moins d'une heure après le début des attaques, prendre le métro à la station Croix-de-Chavaux, à Montreuil. Une station située à quelques dizaines de mètres seulement du lieu où a été retrouvée la Seat noire qui a transporté les assaillants du commando des terrasses parisiennes.

Abaaoud cherche un point de chute. Selon le JDD, c'est un appel au numéro "197 alerte attentat" qui va permettre, quelques jours plus tard, de mettre les policiers sur la piste de Hasna Aït-Boulahcen. Au même moment, un policier qui menait des écoutes dans le cadre d'un trafic de stupéfiants intercepte une voix féminine "hystérique", qui cherche de l'aide. Il s'agit d'Hasna Aït-Boulahcen, dont le numéro de téléphone est transmis à la section antiterroriste.

Prise en filature durant 24 heures, la jeune femme se rend à Aubervilliers, où elle retrouve Abaaoud, qu'elle finit par conduire rue du Corbillon, à Saint-Denis. L'assaut est donné quelques heures plus tard.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.