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Deux ans après les attentats du 13-Novembre, la menace terroriste est encore "très forte", estime la secrétaire d'Etat aux Armées

À la veille de la journée de commémoration des attentats du 13-Novembre, Geneviève Darrieussecq a rappelé que la menace terroriste était encore présente en France. Selon elle, "nous devons vivre avec cette certitude mais nous devons continuer à vivre".

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Radio France
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Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, à Paris, en septembre 2017.  (LUDOVIC MARIN / POOL)

Invitée de franceinfo dimanche 12 novembre, à la veille de la journée de commémoration des attentats du 13-Novembre, Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, a rappelé que la menace terroriste etait encore "très forte" en France. Selon elle, "nous devons le savoir" et  "nous devons vivre avec cette certitude mais nous devons continuer à vivre".

franceinfo : Aucune prise de parole du président de la République n'est prévue pour les commémorations du 13-Novembre. Trouvez-vous cela pertinent ?

Geneviève Darrieussecq : Ce que je trouve pertinent, c'est de faire des commémorations sobres surtout dans ces moments qui sont encore si sensibles, où l'on ravive des souvenirs proches. La sobriété ne signifie pas l'indifférence. La sobriété est souvent beaucoup plus prenante que les paroles. Emmanuel Macron et tout le gouvernement se sentent complètement concernés par ces commémorations qui donnent un sens profond dans le pays. Le sens profond, c'est que nous continuons à vivre, continuons à être là. Nous continuerons à agir et à lutter contre le terrorisme mais nous n'oublions pas les victimes des attentats. La lecture des noms des victimes, c'est un bel hommage suffisant.

Gérard Collomb dit que nous sommes mieux armés face à la menace terroriste qu'il y a deux ans. Partagez-vous ce constat ?

Je crois que les services de renseignements ont été restructurés, je crois surtout qu'il y a plus de travail collaboratif entre tous les services. Les surveillances se sont beaucoup affirmées ces derniers mois, de nombreux attentats ont été déjoués. Mais la menace terroriste est tellement protéiforme, elle est très forte dans notre pays. Nous devons le savoir, nous devons vivre avec cette certitude mais nous devons continuer à vivre.

Et pourtant, la force Sentinelle s'épuise. Le budget de la Défense semble être un casse-tête avec à la fois l'annulation de 850 millions de crédits inscrits au budget et une hausse de plus d'un milliard l'année prochaine. Est-ce qu'on prend d'un côté pour redonner de l'autre ?

Je crois que ça ne se passe pas tout à fait comme ça. La force Sentinelle est indispensable à la protection intérieure. Et tout son fonctionnement a été revu afin qu'elle soit plus performante. De sorte que la présence militaire se fasse sur les lieux essentiels de notre territoire mais qu'ensuite elle ait une présence moins prévisible, qu'elle soit plus mobile. C'était important de restructurer un petit peu la stratégie de Sentinelle. Les budgets des Armées sont en augmentation de 1,8 milliard en 2018. Ils seront en augmentation permanente jusqu'en 2022. Jamais les Armées n'auront eu un budget aussi élevé que dans les années qui viennent. Tout l'enjeu de Florence Parly (ministre des Armées), du Premier ministre et du président de la République est de mettre un budget au service d'une stratégie. Cette stratégie sera déterminée dans la loi de programmation militaire qui est en cours de structuration, pour que les Français et les Armées aient une visibilité sur les cinq années à venir.

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