Dans les mosquées, des prêches contre le terrorisme pour la prière du vendredi

Un texte en hommage aux victimes des attentats de Paris a été envoyé par le Conseil français du culte musulman (CFCM) à toutes les mosquées vendredi.

Des fidèles se rendent à la mosquée de Paris pour une prière solennelle en hommage aux victimes des attentats parisiens, vendredi 20 novembre 2015.
Des fidèles se rendent à la mosquée de Paris pour une prière solennelle en hommage aux victimes des attentats parisiens, vendredi 20 novembre 2015. (MAXPPP)

"Il est évident que l'ensemble des musulmans de France dénonce sans équivoque ces attentats tragiques et se démarque de l'idéologie qui nourrit les auteurs de ces actes inqualifiables", écrit le Conseil français du culte musulman (CFCM), dans un texte solennel adressé aux 2 500 mosquées de France, vendredi 20 novembre.

Une semaine après les attentats sanglants de Paris et Saint-Denis, le prêche est destiné à être lu lors de la prière du vendredi, afin de rappeler l'attachement de la communauté musulmane à la République et à ses valeurs.

"Nous réaffirmons notre rejet de la violence"

Ce texte appelle notamment au "rejet catégorique et sans ambiguïté de toute forme de violence ou de terrorisme qui sont la négation même des valeurs de paix et de fraternité que porte l'islam." 

Mais dans cet islam sunnite qui ne parle pas d'une seule voix, plusieurs fédérations de mosquées, recteurs ou imams, avaient déjà rédigé leur propre prêche, à l'instar des musulmans du département du Rhône.

A La Courneuve (Seine-Saint-Denis), siège de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, issue des Frères musulmans), son ancien président Ahmed Jaballah a jugé indispensable, devant les fidèles, de "toujours clarifier la position de l'islam, pour que personne ne puisse dire au nom de la religion ce qui peut justifier l'injustifiable", rapporte l'Agence France Presse. 

A la mosquée As Salam de Metz (Moselle), installée dans un petit bâtiment du centre-ville, l'imam s'est fondé sur le prêche de la grande mosquée de Paris. "C'était important d'avoir des avis de la religion, des citations du Coran qui expliquent que ce qu'il s'est passé, ça n'a rien à voir avec l'islam et c'est contraire à notre doctrine", confie Ismaïl, un lycéen de 17 ans, à la sortie de la mosquée à l'AFP.

A la mosquée de Paris, un rassemblement musulman avait initialement été prévu  pour dire non "au terrorisme", mais il a été annulé jeudi par mesure de sécurité.