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Ecole d'Aubervilliers : l'instituteur reconnaît avoir inventé son agression par un homme se revendiquant de l'Etat islamique

L'enseignant de 45 ans est entendu lundi après-midi par le parquet de Paris pour comprendre ce qui l'a mené à inventer ce récit. 

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Vue de l'école maternelle Jean-Perrin à Aubervilliers, le 14 décembre 2015. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Une histoire montée de toutes pièces. Lundi 14 décembre à 7 heures, un instituteur d'une école d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) se dit victime d'une agression dans sa classe de maternelle. Il assure avoir été attaqué par un homme armé d'un cutter qui a invoqué l'Etat islamique, rapporte le parquet de Paris. Mais, quelques heures plus tard, l'enseignant revient sur ses déclarations. Francetv info récapitule cette affaire.

Comment l'instituteur a-t-il décrit son "agression" ?

Dans un premier temps, le professeur des écoles, âgé de 45 ans, raconte avoir été agressé peu après 7 heures dans l'école maternelle Jean-Perrin, à Aubervilliers. 

Selon lui, son agresseur est arrivé sans arme. L'homme s'est saisi d'un cutter et d'une paire de ciseaux qui se trouvaient dans la salle pour le blesser alors qu'il préparait sa classe. D'après l'enseignant, son agresseur portait des chaussures militaires de type rangers et une combinaison de peintre. Il était également ganté et cagoulé, et s'est enfui après son acte.

L'instituteur précise qu'il n'y avait pas d'enfants dans la classe au moment de l'agression, mais que l'intrus aurait dit : "C'est Daech [acronyme arabe de l'Etat islamique], c'est un avertissement". Il assure toutefois n'avoir pas "reconnu la voix" de son agresseur.

Aubervilliers : agression d'un instituteur au ciseau
FRANCE 3

Quelles sont les blessures de l'enseignant ? 

On ignore pour l'instant comment l'instituteur, blessé superficiellement à la gorge, s'est automutilé. Son pronostic vital n'est pas engagé.

Cet enseignant, qui exerce son métier depuis vingt ans dans cet établissement situé en zone d'éducation prioritaire, est "apprécié" et "connu de tous les parents", a déclaré le maire PCF, Pascal Beaudet. 

Comment est-il revenu sur sa version des faits ?

Lundi matin, l'instituteur est hospitalisé. Il est entendu dans l'après-midi par les enquêteurs. C'est en fin d'après-midi que le parquet de Paris déclare à l'Agence France Presse (AFP) que l'enseignant a tout inventé et qu'il s'est blessé tout seul.

A la suite de ces aveux, le parquet de Paris annonce qu'il rend le dossier au parquet de Bobigny, puisque la section antiterroriste parisienne n'a plus lieu d'être saisie.

Dans la matinée, le maire de la ville, Pascal Beaudet, avait noté que le gardien de l'établissement, "à son poste" à l'heure de l'attaque présumée, n'avait pas vu l'agresseur.

Quelles sont les conséquences de cette fausse agression ?

Le journaliste de RFI et spécialiste de la mouvance jihadiste David Thomson affirme, sur son compte Twitter, que le groupe Etat islamique n'a pas revendiqué cette "agression", mais que l'EI s'en "félicite", quelques semaines après avoir menacé les enseignants français dans un document de propagande.

Malgré cette prétendue agression, les écoles restent la cible de l'Etat islamique. Dans son numéro publié à la fin novembre, la revue francophone de propagande de l'EI, Dar Al-Islam, s'en prend violemment aux enseignants, accusés d'être "en guerre ouverte contre la famille musulmane". Le groupe jihadiste appelle à "combattre" ces professeurs et les fonctionnaires des services sociaux.

En déplacement à Aubervilliers, la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, a évoqué un "acte d'une grande gravité" qui s'est produit "dans un contexte où, oui, l'école se sent menacée". Les enfants seront accueillis mardi par un remplaçant et l'académie continuera d'assurer le soutien psychologique à l'équipe de l'école et aux élèves, a affirmé la ministre dans un communiqué publié après les conclusions de l'enquête.

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