Attaque à Paris : "L'immeuble est une cible, donc on réfléchit à quitter les lieux", annonce Paul Moreira, co-fondateur de l'agence Premières Lignes

"C'est trop difficile de continuer à travailler" rue Nicolas Appert, confie le journaliste.

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Radio France
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L'immeuble abritant les locaux de Premières Lignes, rue Nicolas Appert à Paris (11e arrondissement), le 26 septembre 2020. (OLIVIER CORSAN / MAXPPP)

Quatre jours après l'attaque au couteau qui a visé deux salariés de Premières Lignes à Paris, la société de production tv envisage de déménager."L'immeuble est une cible, donc on réfléchit à quitter les lieux", explique sur franceinfo Paul Moreira, co-fondateur de l'entreprise. "L'équipe est extrêmement traumatisée. On avait déjà été, c'est le cas de le dire, en première ligne", rappelle-t-il, faisant référence à l'attentat de janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo, voisins de pallier de Premières Lignes. Les producteurs de Cash Investigation occupent toujours l'immeuble de la rue Nicolas Appert (11e arrondissement).

C'est dur de revivre tout ça, notre équipe est touchée de beaucoup plus près sans qu'il y ait le même élan de solidarité.

Paul Moreira

à franceinfo

Paul Moreira a demandé l'aide des pouvoir publics : "C'est trop difficile de continuer à travailler dans cet immeuble", confie le journaliste. "L'immeuble est une cible", rappelle-t-il, considérant également qu'il est "un mémorial, avec 99,9% des gens qui viennent y déposer des fleurs".

Les deux salariés blessés sont "entre les meilleures mains"


Dans une conférence de presse, mardi 29 septembre, le procureur du parquet antiterroriste a précisé que l'auteur présumé des faits avait "reconnu qu'il voulait s'attaquer à Charlie Hebdo" et qu'il pensait s'être attaqué à des membres du journal satirique. "On a quitté le terrorisme tel qu'on le connaissait jusqu'à maintenant", estime Paul Moreira, qui ajoute au sujet de l'accusé qu'il est "une fusion entre le tueur de masse à l'américaine, qui tue des gens pour exister, et le terrorisme islamique". "On est dans un domaine qui relève, à mon avis, autant de la psychiatrie que du terrorisme", conclut-il.

Alors qu'une cellule psychologique a pris en charge "certains collaborateurs", le co-fondateur de Premières Lignes donne des nouvelles des deux salariés de l'agence touchés par l'attaque au couteau : "Je ne vais pas vous dire qu'ils vont bien, ils ont été très gravement blessés et ils sont toujours surveillés de très très près par des équipes médicales pointues. Ils sont entre les meilleures mains", assure le documentariste. "De toute évidence ils auront des cicatrices, mais je suis incapable de vous dire si ils auront d'autres séquelles physiques", ajoute-t-il.

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