Attentat de Nice : obsession pour le sexe, violence... les proches de Lahouaiej Bouhlel décrivent une personnalité instable

"Libération" et "Le Parisien" ont eu accès à l'enquête de personnalité effectuée sur le terroriste. Ses proches décrivent une personnalité instable et violente.

Une photocopie du permis de résidence de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, publiée le 15 juillet 2016.
Une photocopie du permis de résidence de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, publiée le 15 juillet 2016. (AFP)

Violent, obsédé sexuel et peu religieux... Trois mois après l'attentat de Nice, qui a fait 86 morts le 14 juillet sur la promenade des Anglais, de nouveaux détails émergent sur la personnalité trouble de son auteur, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Les quotidiens Libération et Le Parisien ont eu accès à l'enquête de personnalité menée par les policiers, à partir de témoignages de ses proches, confirmant les premiers éléments ayant filtré de l'enquête peu après l'attentat.

Voici ce qu'il faut en retenir.

Un homme "violent" et "instable"

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, 31 ans, était un mari et un père violent, selon plusieurs témoignages. Dans un extrait cité par Libération, l'un de ses proches, R., dresse le portrait d'un homme qui n'hésitait pas à brutaliser son épouse "pour avoir des rapports sexuels directs et brutaux, sans sentiments".

Un proche de sa femme, avec laquelle il était en procédure de divorce depuis 2014, donne des détails encore plus crus : "Il a fait des choses inhumaines comme faire caca sur le lit de ses enfants, jeter du vin sur la figure de sa femme. Il prenait la poupée de sa fille et devant la petite attrapait un couteau et la plantait dans la poupée pour faire mine de la tuer".

Cette violence ne s'exprimait pas toujours. Dans un passage cité par Le Parisien, la gérante de sa salle de sports décrit un homme qui "pouvait être agressif et également très doux", se souvient-elle, en décrivant "quelqu'un de perturbé, de fragile et d'instable". Elle ne le voyait cependant pas comme quelqu'un de "dangereux, encore moins terroriste".

Une "obsession pour le sexe et la pornographie"

En fouillant dans le téléphone portable du Tunisien, les enquêteurs ont été frappé par son "obsession pour le sexe et la pornographie", relève Libération. Un constat partagé par V., qui a croisé le futur terroriste dans sa salle de sport. "Le prof de salsa connaissait Mohamed, il l’avait déjà mis plusieurs fois dehors du cours parce qu’il draguait avec beaucoup d’insistance toutes les filles", raconte-t-elle à propos de cet "obsédé sexuel". Son beau-frère confirme. "Il avait le démon en lui, confie-t-il aux enquêteurs. Il m’a même montré la poupée gonflable qu’il avait chez lui".

Un égo surdimensionné

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel est décrit comme un homme égoïste et narcissique, qui attachait beaucoup d'importance à son apparence. "Il ne pensait qu'à lui. Il n'avait aucun sens des responsabilités, aucune humanité", attaque un proche de son épouse, dans un extrait de l'enquête cité par Le Parisien. Le quotidien détaille sa passion compulsive pour les selfies, dont Christian Estrosi, l'ancien maire de Nice, a fait les frais. Plus glaçant : quelques heures avant l'attentat, il avait pris un autoportrait sur la promenade des Anglais.

Une radicalisation tardive

A les entendre, aucun de ses proches n'avait vu venir son passage à l'acte. Mohamed Laouaiej-Bouhlel n'était pas quelqu'un de très pratiquant. "Il n'est pas croyant, il ne pratique pas du tout, il mange du porc, boit de l'alcool. Il fume de temps en temps. Je ne l'ai jamais vu prier ni quoi que ce soit en relation avec la religion", raconte son épouse, Hajer, dans un passage relevé par Le Parisien.

Hamdi, dont le frère a épousé la sœur de Bouhlel, a cependant noté un changement au mois de juin 2016. Le terroriste écoutait des récitations du Coran dans sa voiture et faisait de drôle de remarques. "Lorsque nous étions chez moi pour faire du bricolage, j’ai mis de la musique et des clips à la télévision. Mohamed m’a dit de ne pas mettre de la musique, que c’était un péché d’écouter la musique", se souvient-il, dans un extrait cité par Libération.

Son ancien prof de sport avait imaginé le pire. "Quand il y a eu les attentats de Paris, je me rappelle avoir pensé à lui en le disant con comme il est il pourrait se faire embrigader, dit-il dans un passage consulté par Le Parisien. "Je le sentais très influençable. Pour moi, il avait un pois chiche dans la tête, il était simplet et extrêmement malléable, influençable". Aucune trace d'allégeance au groupe Etat islamique n'a été retrouvée.