Attentat de Nice : "Nous avons besoin que vous alliez témoigner", lance une mère endeuillée qui déplore le peu de constitutions de parties civiles

À près de quatre mois de l'ouverture du procès de l'attentat de Nice, la justice a enregistré quatre fois moins de constitutions de parties civiles que pour celui du 13-Novembre. Associations et avocats s'en inquiètent.

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Une personne dépose une rose sur le mémorial dédié aux victimes de l'attentat de Nice, lors d'une commémoration le 14 juillet 2021. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Le soir du 14 juillet 2016, au moins 25 000 personnes se trouvaient sur la promenade des Anglais à Nice (Alpes-Maritimes) lorsqu'un camion a foncé dans la foule. L'attentat a fait 86 morts et 450 blessés. Cependant, au 4 mai 2022, soit près de quatre mois avant le début du procès, seules 865 d'entre elle, soit moins de 4%, se sont constituées parties civiles.

Alors que de nouvelles parties civiles sont entendues à partir de mercredi au procès des attentats du 13-Novembre, la différence entre les deux attentats est frappante puisque 2 400 personnes se sont constituées dans ce dossier. Pourtant, un nombre à peu près similaire de personnes ont été reconnues comme victimes directes ou indirectes par le Fonds de garantie des victimes dans ces deux dossiers.

Nombreux sont ceux à ne pas se sentir légitimes

Comment expliquer cette différence ? "On a des retours de personnes qui nous disent qu'elles étaient sur la promenade des Anglais et qu'elles ont vu des choses atroces", explique Anne Murris, qui a perdu sa fille de 27 ans dans l'attentat et  présidente de l'association Mémorial des Anges

"Elles ont été dans un processus de soins lourd et important, mais elles ne se sont jamais sentie la légitimité de se constituer partie civile parce qu'elles avaient eu la chance de s'en sortir."

Anne Murris

à franceinfo

Elle lance donc un appel aux victimes : "Je les incite vraiment à se constituer partie civile. Vous êtes tout à fait légitime à le faire et nous avons besoin que vous alliez témoigner parce qu'à ce jour, cette faible quantité sous-entend que ce qui s'est passé n'est pas grave." Cette maman endeuillée ne comprend pas le désintérêt des victimes pour le procès à venir en septembre, surtout quand elle compare avec les attentats du 13-Novembre.

"Je pense que c'est un déficit global d'information", analyse l'avocat niçois Philippe Soussi, qui représente l'Association française des victimes de terrorisme (AFVT). Ce défaut porte notamment, d'après lui, sur un arrêt de la Cour de cassation rendu en février dernier. Il élargit la notion de victimes du terrorisme à toutes les personnes qui ont fui un attentat, ce qui ouvre la voie à de nouvelles constitutions de parties civiles.

"Le procès pénal est très important et je conseille de se constituer et d'y participer, insiste-t-il. Malgré toute la difficulté psychologique que ça peut revêtir, cela peut aider les gens. En matière de terrorisme, le peu que peut apporter un procès est souvent considérable."

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