Attentat de Nice : le procureur classe sans suite le signalement pour "abus d'autorité" de la policière municipale Sandra Bertin

Sandra Bertin, la policière municipale qui avait déposé plainte pour abus d'autorité déposée suite à l'attentat du 14 juillet 2016, a annoncé saisir le doyen des juges d'instruction de Nice, suite au classement sans suite de plainte.

Sandra Bertin, à Nice le 24 juillet 2016.
Sandra Bertin, à Nice le 24 juillet 2016. (VALERY HACHE / AFP)

Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, a classé sans suite, jeudi 5 janvier, les plaintes pour abus d'autorité de Sandra Bertin et du maire de Nice, Philippe Pradal, suite à l'attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, rapporte France Bleu Azur. La policière municipale a immédiatement réagi en annonçant son intention de saisir, pour le même motif, le doyen des juges d'instruction de Nice.

Dans les jours qui ont suivi l'attentat, qui a fait 86 morts, une polémique avait éclaté au sujet du dispositif de sécurité mis en place ce jour-là. Elle opposait l'ex-député-maire de Nice, Christian Estrosi, au gouvernement.

Sandra Bertin, responsable du centre de supervision urbain de la ville de Nice, avait déclaré avoir reçu un coup de téléphone d'un "commissaire de police" et d'une personne disant faire partie du cabinet ministériel. Cette personne lui aurait demandé de "faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale" et de rédiger un rapport "modifiable".

Un procès pour "diffamation"

Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, avait lancé des poursuites en diffamation, qui donneront lieu à un procès le 7 juin prochain. De son côté, le procureur de Nice avait ouvert fin juillet une enquête préliminaire, pour savoir si les accusations "d'abus d'autorité" formulées par la responsable de la vidéosurveillance niçoise étaient fondées. C'est cette plainte qui vient d'être classée sans suite.

Le procureur de la République de Nice a également affirmé jeudi 5 janvier ne pas encore avoir pris de décision quant aux suites à donner aux plaintes pour "mise en danger de la vie d'autrui" à l'encontre des services de la ville de Nice et de l'État. Des plaintes ont été déposées par plusieurs familles de victimes de l'attentat.