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Attentat de Nice : ce que l'on sait des gardés à vue

Ils sont six à être encore interrogés lundi par les enquêteurs. Deux personnes ont été relachées, dont l'ex-femme du suspect.

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France Télévisions
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Des policiers sur la promenade des Anglais, à Nice, le 16 juillet 2016. (IRINA KALASHNIKOVA / AFP)

Mohamed Lahouaiej Bouhlel a-t-il agi seul ? Dans les SMS retrouvés dans son téléphone, le tueur se félicite peu avant l'attaque de s'être procuré le pistolet de calibre 7.65 qu'il utilisera plus tard contre des policiers. Il évoque également la fourniture d'autres armes. A qui s'adresse-t-il ? Est-ce que les personnes qui lui ont fourni de l'aide étaient au courant de ses projets ? C'est ce que les enquêteurs tentent de découvrir.

Huit personnes ont été placées en garde à vue depuis l'attentat de Nice. Deux d'entre elles, dont son ex-femme, ont été libérées, mais six autres, "soupçonnées d'avoir pu être en contact" avec le tueur dans les jours précédant l'attentat ou "de lui avoir fourni un soutien logistique", étaient toujours interrogées, lundi 18 juillet. Francetv info revient sur ce que l'on sait de ces gardés à vue.

Un couple d'Albanais

Interpellés rue Miollis à Nice, dimanche 17 juillet, cet homme et cette femme sont soupçonnés d'avoir apporté une aide logistique à Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Est-ce eux qui ont fourni l'arme ? C'est ce que croyait savoir i-Télé dimanche 17 juillet. Lors de la perquisition de leur domicile, les enquêteurs ont découvert 200 grammes de cocaïne, 2 600 euros et 11 téléphones.

L'homme appelé Henaj, dit Giovanni, selon Nice-Matin a été transféré, avec deux autres suspects, mais sans sa compagne, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), près de Paris. Cet homme de 38 ans y est interrogé dans les locaux de Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Un intermédiaire dans l'achat de l'arme

Cette arme aurait été achetée au couple albanais, mais via un intermédiaire du nom de Ramzi, selon Nice-Matin. Cet homme de 22 ans fait aussi partie des trois personnes transférées dans les locaux de la DGSI à Levallois. Il serait une connaissance du tueur, "au temps pas si lointain où il consommait haschich et cocaïne", note le quotidien faisant référence à la période précédant sa radicalisation, c'est-à-dire une quinzaine de jours avant le massacre sur la promenade des Anglais.

Selon l'avocat du jeune homme, Mohamed Lahouaiej Bouhlel et lui ne se connaissaient que "depuis quelques mois" et ne faisaient que "se croiser""Si par hasard il a servi d'intermédiaire pour l'arme, s'il a vendu l'arme, ce n'est pas pour autant qu'il était au courant de l'entreprise terroriste", a assuré l'avocat. "Il ne pouvait pas être assez dans l'intimité de M. Bouhlel pour l'avoir remarquée, cette radicalisation."

Sa mère, dont l'appartement a été perquisitionné, a aussi défendu son fils auprès de l'AFP : "Mon fils boit, mon fils fume du shit, mon fils fait la fête, c'est un adolescent de 22 ans. Il a un passé judiciaire, il a été incarcéré 2 ans pour des conneries de jeunes. Mais pas ça, pas ça, mon dieu, pas tuer des gens."

Un homme de 37 ans

Selon Le Parisien, ce membre de l'entourage du tueur, également arrêté dimanche, aurait été le destinataire de certains de ses SMS, notamment celui envoyé 20 minutes avant l'attaque et dans lequel il se félicite d'avoir récupéré un pistolet automatique. Il lui demande également d'amener cinq armes de plus.

Son ancienne épouse, relâchée depuis

L'ancienne compagne de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, avec qui il était en instance de divorce, est restée 48 heures en garde à vue avant d'être relâchée dimanche. Elle a assuré ne rien savoir d'une éventuelle radicalisation : "Elle ne vivait plus avec lui, elle le croisait juste quand il venait voir ses enfants dans un jardin public", a expliqué son avocat. 

Trois personnes dont on ne connaît pas l'identité

Aucune information n'a filtré sur le profil des autres gardés à vue, arrêtés entre vendredi et samedi et présentés comme des membres de l'entourage de Mohamed Lahouaiej Bouhlel.

On sait, en revanche, que c'est lors des gardes à vue que les enquêteurs ont pu éclairer le profil du suspect. Ainsi, selon le procureur de Paris François Molins, au moins une personne a évoqué en garde à vue le basculement "récent" et surprenant du suspect vers "l'islam radical" et notamment le fait qu'il se soit laissé pousser la barbe une semaine avant les faits.

Une personne, dont on ne sait pas si elle fait partie de ce groupe de trois gardés à vue inconnus, a été relâchée dans la nuit de dimanche à lundi. Six gardes à vue restaient en cours lundi.

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