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Attaque de Nice : "La lutte contre le terrorisme, c'est l'affaire d'une génération"

Après cette nouvelle attaque, francetv info a interrogé le député socialiste Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015. Elle venait juste de remettre son rapport.

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Propos recueillis par - Mathieu Dehlinger
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des policiers devant la promenade des Anglais, à Nice (Alpes-Maritimes), le 15 juillet 2016. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Quelques jours seulement avant l'attaque de Nice (Alpes-Maritimes), la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015 rendait public son rapport et ses préconisations"Le caractère terroriste de l'attaque ne peut être nié", a indiqué François Hollande dans une allocution dans la nuit de jeudi 14 à vendredi 15 juillet. Et l'organisation Etat islamique a finalement revendiqué, 36 heures après les faits, l'attaque qui a fait au moins 84 morts et des dizaines de blessés. 

Francetv info a interrogé le député socialiste Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission.

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Francetv info : Votre collègue Georges Fenech, président de la commission d'enquête, évoque une "tragédie prévisible". C'est votre sentiment également ?

Sébastien Pietrasanta : On savait que la France serait de nouveau touchée, on sait que la France est l'ennemi public du groupe Etat islamique. On ne savait juste pas où et comment, c'est quelque chsoe de difficilement appréhendable.

Ce mode opératoire n'est pas quelque chose de nouveau. J'étais rapporteur de la loi antiterroriste de novembre 2014. A ce moment-là, on a créé le délit de l'entreprise terroriste individuelle, justement pour incriminer ce genre de passages à l'acte. En septembre de cette année-là, une vidéo du groupe Etat islamique pronaît exactement ce mode opératoire. Il suggérait aux personnes autoradicalisées d'utiliser un véhicule pour foncer sur une foule ou de prendre un couteau pour aller tuer des militaires ou des civils, ce qui s'est déjà vu. C'était une vidéo extrêmement précise.

Pouvait-on éviter cette attaque ?

C'est très difficile de pouvoir sécuriser ce genre de situation. C'est ce qu'on appelle les "cibles molles", les terrasses de café, les rassemblements pour des feux d'artifice... C'est difficilement perceptible en amont, surtout si la personne n'est pas fichée, pas connue pour sa radicalisation. L'individu est difficilement arrêtable à partir du moment où il décide quelques jours voire quelques heures avant de prendre un camion et de foncer sur une foule.

La commission d'enquête parlementaire a évoqué l'utilité limitée de l'état d'urgence. Pourquoi le maintenir dans ce cas ?

Le président de la République a utilisé les outils qui étaient à sa disposition. Que ce soit l'opération Sentinelle ou l'état d'urgence, il fallait une réponse forte de l'Etat pour répondre à la menace terroriste, après les attentats de janvier et novembre 2015. En soi, François Hollande a eu raison de montrer l'autorité de l'Etat, même si c'est plus quelque chose de politique et de symbolique. Les Français n'auraient pas compris que l'état d'urgence s'arrête le 26 juillet, comme c'était prévu, quelques jours après cette nouvelle attaque.

Est-ce qu'il faut s'attendre à de nouvelles attaques ?

La lutte contre le terrorisme, c'est l'affaire d'une génération. Depuis quelques temps, on parle beaucoup de résilience. On ne peut jamais s'habituer à l'horreur, il ne faut pas s'y habituer. On sait que la France est la cible numéro 1 et qu'on sera à nouveau frappés. Les Français doivent continuer à être vigilants, il faut continuer à améliorer notre arsenal de lutte contre le terrorisme, mais on ne doit évidemment pas changer notre mode de vie. La France doit rester la France.

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