Projet d'attentat dans l'Hérault : un dispositif de mise à feu retrouvé dans l'appartement familial

Cinq femmes ont été arrêtées, dans la nuit de samedi à dimanche, à Béziers, pour "association de malfaiteurs terroriste". Parmi elles, une jeune fille de 18 ans est soupçonnée d'avoir voulu commettre un attentat. 

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Samedi 3 avril dans la nuit, la police est intervenue dans la cité de la Devèze à Béziers (Hérault). (CAPTURE D'ÉCRAN FRANCE 2)

La garde à vue d'une jeune femme de 18 ans, soupçonnée d'avoir projeté un attentat, se poursuit, lundi 5 avril, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), dans les locaux de la DGSI, l'un des principaux services de lutte antiterroriste. Elle a été arrêtée dans la nuit de samedi à dimanche à Béziers (Hérault) pour "association de malfaiteurs terroriste" et "détention et fabrication d'explosifs en relation avec une entreprise terroriste", en compagnie de quatre autres membres de sa famille – sa mère et ses sœurs.

C'est une veille sur les réseaux sociaux qui, vendredi après-midi, a alerté les enquêteurs de la DGSI. Ils ont décidé d'agir en urgence, épaulés par le Raid, craignant que la jeune femme ne cherche à s'en prendre à des fidèles dans des églises, notamment à Montpellier, lors du week-end de Pâques.

Dispositif de mise à feu et sabre japonais

La perquisition effectuée dans le logement familial biterrois, situé dans le quartier populaire de la Devèze, a débouché sur la découverte de produits chimiques assez courants (eau oxygénée, acétone…) mais susceptibles d'"entrer dans la composition de TATP", un explosif artisanal prisé des jihadistes. Il y a encore plus troublant. Selon nos informations, un dispositif de mise à feu, à partir d'un téléphone portable et de papier d'aluminium, était relié à un assemblage de bouteilles scotchées entre elles, comme l'a évoqué Le Parisien.

Aucune trace d'explosif confectionné n'a été retrouvée, mais les enquêteurs soupçonnent que des essais ont déjà eu lieu. Un sabre japonais, remisé dans sa housse, a également été saisi dans l'appartement. Il s'agit maintenant de déterminer ce que savaient les autres membres de la cellule familiale d'un éventuel projet terroriste.

"Fascination morbide" pour les exactions de l'EI

Le profil de la principale suspecte se trouve au cœur des investigations. Celle-ci n'était, semble-t-il, pas suivie pour radicalisation jusqu'à l'alerte de vendredi et ne présentait pas de signes ostentatoires de radicalisation. Evoluant dans un milieu social défavorisé, elle était l'objet d'une procédure de suivi éducatif.

De source proche des investigations, la jeune femme est décrite comme "instable", ayant développé "une fascination morbide" pour les exactions d'organisations terroristes comme l'Etat islamique. Selon une source proche de l'enquête, des photos de Samuel Paty, l'enseignant décapité en octobre dernier par un terroriste à la sortie de son lycée de Conflans-Sainte-Honorine, ont été retrouvées au domicile familial. Les enquêteurs ont aussi mis en évident des recherches sur des édifices religieux de la région héraultaise.

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