La France veut rapatrier certains des 150 enfants de jihadistes français signalés en Syrie

Au total, 44 fratries ont été signalées en Syrie, selon une source française.

Une mère marche avec son enfant dans un camp du groupe Etat islamique dans le village Al-Malikiyah en Syrie, le 29 septembre 2018.
Une mère marche avec son enfant dans un camp du groupe Etat islamique dans le village Al-Malikiyah en Syrie, le 29 septembre 2018. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

La France a annoncé, mercredi 24 octobre, vouloir rapatrier une partie des quelque 150 enfants de jihadistes français signalés en Syrie dans les zones contrôlées par les Kurdes. "On les rapatriera autant que possible à condition que la mère soit d'accord", a déclaré une source française sous couvert d'anonymat à plusieurs médias, dont France 2. Au total, 44 fratries ont été signalées en Syrie, selon cette source.

Ces enfants, retenus dans le nord de la Syrie avec leurs mères dans des camps gérés par les militaires kurdes depuis l'effondrement du groupe Etat islamique (EI) en 2017, ont été signalés sur place ou par les familles en France. Seule une partie d'entre eux a toutefois été identifiée et localisée avec précision, dans les zones kurdes, sans que l'on puisse chiffrer le nombre possible de retours. Selon les informations de France 2, les préparatifs de cette opération sont en cours et celle-ci pourrait être enclenchée avant la fin de l'année 2018.

La France exclut tout retour des adultes

Les enfants ont pour la plupart entre 3 et 7 ans et sont nés sur place. Les mères resteront, elles, en Syrie, souligne la source. A l'instar de nombreux pays occidentaux qui ne souhaitent pas voir revenir sur le sol national des jihadistes, la France exclut tout retour des adultes, combattants ou épouses, considérées comme des militantes de l'EI.

"Ceux qui ont commis des délits ou des crimes en Irak et Syrie doivent être jugés en Irak et Syrie", martèle-t-on au ministère des Affaires étrangères. "L'exception, c'est les mineurs, dont la situation sera examinée au cas par cas. On a un devoir particulier de sauvegarder l'intérêt supérieur de l'enfant", ajoute-t-on.

Nombre d'observateurs ont relevé que les enfants risquaient, en restant dans les camps, de grandir dans un huis clos radicalisé, d'y être endoctrinés au contact des adultes et de devenir eux-mêmes des "bombes à retardement". Le rapatriement s'annonce toutefois très compliqué, le Kurdistan syrien n'étant pas un Etat reconnu par la communauté internationale, et Paris n'entretenant pas de relations diplomatiques avec Damas.