Professeur décapité à Conflans-Sainte-Honorine : "il a été assassiné parce qu'il apprenait à des élèves la liberté d'expression", déclare Emmanuel Macron

Le parquet antiterroriste a été saisi pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". 

Emmanuel Macron quitte le collège du Bois d\'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelynes), vendredi 16 octobre 2020. 
Emmanuel Macron quitte le collège du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelynes), vendredi 16 octobre 2020.  (AFP)
Ce qu'il faut savoir

Visiblement ému, Emmanuel Macron s'est exprimé après la mort d'un enseignant, retrouvé décapité à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). "Il a été assassiné parce qu'il apprenait à des élèves la liberté d'expression, la liberté de croire et de ne pas croire",déclaré Emmanuel Macron sur place, vendredi 16 octobre, vers 22h30. En fin d'après-midi, le corps de cet homme de 47 ans a été découvert dans une rue, non loin d'un établissement scolaire. Un jeune homme de 18 ans, porteur d'un couteau, qui se trouvait à proximité, a été abattu par la police, à Eragny, une commune voisine (Val-d'Oise). Le parquet antiterroriste a été saisi pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".  

Des perquisitions en cours vendredi soir. Plusieurs perquisitions sont en cours vendredi soir notamment dans le département des Yvelines dans l'entourage de l'assaillant, a appris franceinfo de source proche de l'enquête.

 Emmanuel Macron s'est rendu dans l'établissement devant lequel le professeur a été assassiné. Selon nos informations, Emmanuel Macron a rencontré la proviseure du collège devant lequel l'enseignant a été tué, ainsi que des policiers, le procureur, les préfets du Val-d'Oise et des Yvelines (l'attaque s'est déroulée à la lisière des deux départements), ainsi que les maires de Conflans-Sainte-Honorine et Eragny-sur-Oise. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale et Marlène Schiappa, ministre délégué chargée de la Citoyenneté, étaient présents.

La victime est professeur en collège. Selon une source policière, la victime était un professeur dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine, à proximité duquel il a été retrouvé. Selon nos informations, il avait montré à ses élèves, lors d'un cours, des caricatures de Mahomet.

L'assaillant est un jeune homme de 18 ans. La victime a été décapitée, non loin de l'établissement scolaire où il enseignait, par un jeune homme de 18 ans dont on ignore pour l'instant s'il était connu des services de renseignement. Avant d'être abattu par la police, l'auteur présumé des faits a publié sur Twitter la photo de son acte.

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00h05 : Bonsoir . Vous êtes plusieurs à vous étonner de l'appel à un rassemblement lancé par Eric Coquerel après cet attentat, qui vous semble contradictoire avec les règles sanitaires en vigueur. Mais en réalité, l'interdiction des regroupements dans l'espace public (de plus de 10 personnes, pour les zones d'alerte maximale) ne s'applique pas aux manifestations revendicatives, comme l'indiquait le préfet de police de Paris début octobre. Un tel rassemblement pourrait donc légalement se tenir.

23h51 : Ces perquisitions visent notamment l'entourage du suspect, dans les Yvelines, indique cette source.

23h43 : Plusieurs perquisitions sont en cours, a appris franceinfo de source proche de l'enquête.

23h36 : Le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel appelle, sur franceinfo, à "un grand rassemblement" la semaine prochaine en réaction à cet attentat. "J'en appelle au rassemblement du peuple. On saura le faire, des croyants, des non-croyants, de toutes les confessions", a-t-il lancé.

23h34 : Jean-Michel Blanquer, lui, recevra à 9h, demain, toutes les fédérations syndicales d’enseignants.

23h33 : Selon nos informations, Jean Castex a reporté le déplacement qu'il devait effectuer demain à Epinay-sur-Orge (Essonne) sur le thème de la pauvreté.

23h28 : L'ancien président de la République François Hollande a également réagi tout à l'heure à l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine.

23h02 : Le syndicat Sud Education réagit à son tour sur son site, et "exprime son horreur" au sujet de cet attentat. "Les enseignant-e-s doivent pouvoir aborder les différents sujets du programme en classe en utilisant les supports pédagogiques qui leur paraissent pertinents sans avoir à craindre des représailles, sans même parler des menaces sur leurs vies", s'inquiète le syndicat.

23h07 : Sur Twitter, Emmanuel Macron réitère les mots qui ont conclu sa déclaration tout à l'heure, adressés aux terroristes.

22h44 : Un compte Twitter a publié, après l'attaque, une image du corps de la victime, accompagnée d'un message dont l'auteur dit avoir voulu venger Allah. Selon nos informations, la police enquête actuellement pour savoir si ce compte appartenait bien au suspect ou à un éventuel complice. Il a été fermé depuis.

22h43 : Arrivés sur place, les policiers ont, toujours selon nos informations, été menacés par le suspect, qui a crié "Allah Akbar" et tiré sur eux avec un pistolet à billes. Les policiers lui ont demandé de mettre son arme à terre, ce qu'il a refusé. Ils ont alors fait feu à dix reprises et l'ont abattu. Ce suspect était né en 2002 à Moscou.

22h41 : Selon nos informations, c'est la police municipale de Conflans-Sainte-Honorine qui a découvert le corps de la victime de l'attaque, et a prévenu la police nationale.

22h41 : Le chef de l'Etat n'a pas donné de détails sur l'attentat, sa victime, son auteur, ni sur l'intervention de la police. Le procureur "s'exprimera dans les prochaines heures", a-t-il indiqué.

22h40 : "Les actes sont là et seront là, avec fermeté, rapides", promet Emmanuel Macron en conclusion. Il a également remercié les polices municipale et nationale pour leur intervention. Retrouvez l'ensemble de son intervention en vidéo :

22h37 : "Nous ferons bloc, ils ne passeront pas. L'obscurantisme, et la violence qui l'accompagne, ne gagneront pas. Ils ne nous diviseront pas. (...) J'appelle l'ensemble de nos compatriotes à faire bloc, à être unis, sans aucune distinction quelle qu'elle soit."

22h35 : "Il n'y a pas de hasard si ce soir c'est un enseignant que ce terroriste a abattu. Parce qu'il a voulu abattre la République dans ses valeurs, les Lumières, la possibilité de faire de nos enfants, d'où qu'ils viennent, qu'ils croient ou qu'ils ne croient pas, quelle que soit leur religion, des citoyens libres."

22h33 : "Je veux dire ce soir à tous les enseignants de France que nous sommes avec eux, que la nation toute entière sera à leur côté, aujourd'hui et demain, pour les protéger, les défendre, leur permettre de faire leur métier qui est le plus beau qui soit : faire des citoyens libres."

23h24 : Emmanuel Macron salue le "courage remarquable" de la principale du collège du Bois d'Aulne, qui "a tenu face à toutes les pressions", et adresse son soutien au personnel du collège.

22h30 : "Un de nos concitoyens a été assassiné, aujourd'hui, parce qu'il enseignait, parce qu'il apprenait à des élèves la liberté d'expression, la liberté de croire et de ne pas croire. Notre compatriote a été lâchement attaqué, a été la victime d'un attentat terroriste islamiste caractérisé".

22h33 : Emmanuel Macron s'exprime à Conflans-Sainte-Honorine. Regardez sa déclaration.



22h20 : "Quelles que soient la pensée, la croyance, même l'insulte, la caricature de l'autre, rien ne justifie le fait de tuer une âme. C'est un péché mortel, capital que de tuer une personne comme ça, d'égorger comme ça, sous prétexte qu'il a montré les caricatures du prophète".

Sur franceinfo, l'imam de la grande mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou, se dit "abattu, parce que c'est un acte inqualifiable qui est perpétré au nom d'une religion qui n'a rien à voir avec un acte ignoble." La communauté musulmane est "otage de ces comportements ignobles", déplore-t-il.

22h16 : Des élèves et parents se sont regroupés ce soir à proximité du collège du Bois d'Aulne où enseignait la victime, rapporte l'AFP sur place. "Je l'ai vu aujourd'hui, il est venu dans ma classe pour aller voir notre prof, ça me choque, je sais que je ne le verrai plus", raconte un élève de 6e. Son père se dit inquiet : "Je ne sais pas comment on va faire pour le petit, on est à 200 m du collège, on ne sait même pas si on va le laisser y aller tout seul".

22h11 : "L'intolérance vient de franchir un nouveau seuil et en semble reculer devant rien pour imposer sa terreur à notre pays. Seule la détermination du pouvoir politique et la solidarité de tous mettront en échec cette idéologie fasciste."

Le journal satirique Charlie Hebdo, cible d'un attentat en janvier 2015 et d'un autre il y a trois semaines, commis dans la rue de ses anciens locaux, et qui a publié à plusieurs reprises des caricatures de Mahomet, réagit au meurtre de cet enseignant. Le message de la rédaction va être publié sur le site du journal, mais franceinfo a pu le consulter en avance.

22h05 : "Le professeur les a fait sortir parce qu'ils étaient musulmans, parce qu'il devait montrer une caricature du prophète. (...) Apparemment, il n'a pas fait ça méchamment. Mon fils m'a dit qu'il avait fait ça pour préserver les enfants, pour ne pas les vexer. Il leur a dit : 'Je vais, je vais montrer une image. Je vous conseille de sortir pour pas être vexés, pour ne pas être choqués'".


France Inter a recueilli le témoignage du père d'un des élèves qui se trouvait en classe lors du cours où le professeur tué ce soir dans une attaque terroriste avait montré une caricature de Mahomet. Il assure que, selon son fils, l'enseignant "n'a pas voulu être condescendant ou manquer de respect".

23h25 : Selon nos informations, Emmanuel Macron rencontre actuellement, au sein du collège devant lequel un enseignant a été tué, la proviseure, des policiers, le procureur, les préfets du Val-d'Oise et des Yvelines (l'attaque s'est déroulée à la lisière des deux départements) et les maires de Conflans-Sainte-Honorine et Eragny-sur-Oise. Jean-Michel Blanquer et Marlène Schiappa sont présents.

21h33 : "C'est l'horreur qui frappe l'école aujourd'hui un professeur, sa famille et ses élèves", a réagi de son côté Stéphane Crochet, le secrétaire général du syndicat enseignant SE-Unsa. Retrouvez toutes les réactions de syndicalistes enseignants recueillis par franceinfo dans cet article.

21h32 : "Nous avons ce soir un collègue qui a été assassiné, parce qu'il faisait son métier, parce qu'il avait choisi de faire cours en utilisant des caricatures, qui sont un des meilleurs moyens pour ouvrir l'esprit des élèves à l'autre, pour se confronter à la contradiction."


Jointe par franceinfo, Sophie Vénétitay, secrétaire-adjointe du syndicat enseignant SNES-FSU, exprime son choc après cette attaque : "On est tous sous le choc. C'est un acte effroyable".

Selon nos informations, le professeur tué avait montré lors d'un cours les caricatures de Mahomet qui avaient notamment été publiées par Charlie Hebdo. Mais aucune source ne nous confirme avec certitude, à l'heure actuelle, s'il a été visé pour cette raison.

21h26 : Si vous nous rejoignez, nous résumons dans cet article ce que l'on sait du meurtre de ce professeur, dont le suspect a été abattu par la police. Le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'enquête.




(ABDULMONAM EASSA / AFP)

21h22 : Emmanuel Macron est arrivé à Conflans-Saint-Honorine, sur les lieux où un professeur d'un collège a été décapité tout à l'heure, dans une attaque terroriste.

21h07 : Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, réagit à l'attaque terroriste de Conflans-Sainte-Honorine, dont la victime était un professeur d'histoire de collège. Il annonce qu'il recevra demain les représentants du personnel de l'établissement et les parents d'élèves, et qu'il s'adressera en vidéo "à tous les professeurs, à tous les personnels et aux familles."

20h51 : Voici les derniers éléments du journal de 20 heures au sujet de l'attaque terroriste à Conflans-Sainte-Honorine. Emmanuel Macron est attendu sur place.

20h37 : Par ailleurs, on connaît deux nouveaux éléments sur le professeur tué : il était âgé de 47 ans, et enseignait l'histoire.

20h36 : Selon les informations de France Télévisions, le suspect abattu a été identifié. Agé de 18 ans, il était totalement inconnu des services antiterroristes.

20h32 : Les réactions politiques se multiplient sur Twitter. Voici celles du patron des députés Les Républicains Damien Abad, de la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, du leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, et de la présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse.

20h27 : Les députés présents à l'Assemblée nationale se sont mis debout pour rendre hommage à ma victime. "Nous avons appris avec effroi l'abominable attentat qui s'est produit", a déclaré le président de séance, Hugues Renson (LREM). "Au nom de la représentation nationale, en notre nom à tous, je tiens à saluer la mémoire de la victime", à qui un hommage sera rendu dans l'hémicycle mardi.

20h23 : Voici le sujet diffusé par le journal de 20 heures de France 2 il y a quelques minutes, qui résume ce que l'on sait du meurtre d'un enseignant, dont le suspect a été abattu, et au sujet duquel le parquet antiterroriste s'est saisi.

20h20 : "C'est la police nationale qui a intercepté l'agresseur. Il a été très rapidement" abattu, indique également le maire d'Eragny à franceinfo.

20h20 : "On pense toujours que ça ne peut pas arriver dans une ville comme Eragny et comme Conflans. C'est la consternation et la colère", réagit sur franceinfo le maire d'Eragny, où le suspect de cette attaque terroriste a été abattu. Thibault Humbert assure par ailleurs que le collège de la ville voisine de Conflans-Sainte-Honorine, devant lequel l'enseignant a été tué, "n'a pas réellement de problèmes".

20h11 : "Je commençais un petit peu à avoir peur, et puis on a vu deux voitures de police qui cherchaient quelque chose. Alors on leur a indiqué, on leur a fait des grands gestes. J'ai prévenu ma mère après pour qu'elle s'enferme chez elle. Et puis elle m'a rappelé, elle me dit 'j'entends des coups de feu, j'entends des coups de feu'".

Une témoin jointe par France 2 raconte les instants qui ont suivi le meurtre de l'enseignant décapité, et l'intervention des policiers contre le suspect.

20h01 : Après son passage par la cellule de crise, Emmanuel Macron se rendra à Conflans-Sainte-Honorine, indique l'Elysée à France Télévisions.