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TEMOIGNAGE FRANCEINFO "À la fin, il me parlait même de suicide" : l'enfer quotidien des élèves à l'école catholique de Presly dans le Cher

Thomas et sa maman ont témoigné, samedi sur franceinfo, à la suite de la fermeture de l'institution catholique Angélus de Presly, près de Vierzon (Cher), pour des soupçons d'agressions sexuelles sur des enfants.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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L'institution Angelus de Presly, dans le Cher, le 15 octobre 2012. (MAXPPP)

L'institution catholique Angélus de Presly, près de Vierzon, dans le Cher, a été fermée à la suite de soupçons d'agressions sexuelles et de violences, a révélé France Bleu Berry, vendredi 2 juin. franceinfo a pu joindre, samedi, un élève et sa maman de cette école hors contrat avec l'Éducation nationale, fréquentée par une centaine d'élèves, du CP à la terminale.

Thomas(*) aura 13 ans au mois de juillet. Il a fréquenté l'internat de l'institution Angélus de Presly entre 2013 et 2015. L'ancien élève y a effectué son parcours scolaire du CM1 à la sixième. Lors de sa scolarisation dans l'établissement ouvert en 2010, il raconte avoir subi des brimades, des privations de nourriture de la part d'un "capitaine", un élève plus âgé chargé de le surveiller.

Il m'a pris mon bol et l'a donné à quelqu'un d'autre

Thomas
ancien élève à l'institution
Angélus de Presly

à franceinfo

"Le capitaine m'avait dit de finir mon lit avant d'aller manger. Ensuite il m'a dit que je devais faire tous les lits de la chambre. J'ai répondu que je n'avais pas à le faire. Alors quand je suis allé manger, il m'a pris mon bol et l'a donné à quelqu'un d'autre", témoigne Thomas. À l'époque, le jeune garçon affirme avoir raconté sa mésaventure à la direction de l'école. Cette dernière n'a pas réagi.

Très affecté encore aujourd'hui, le jeune garçon dit avoir vu un de ses camarades recevoir un coup de pied dans le dos. Le motif : il voulait sortir de son lit pour aller boire de l'eau. Thomas explique aussi qu'on leur imposait des séances de pompes avant d'aller au lit ainsi que d'autres types de punitions à cause du manque, notamment, de personnel d'entretien.

Tâches ménagères quotidienne

"C'est nous qui devions laver nos chambres, se remémore Thomas. Il n'y avait qu'une seule dame qui faisait la cuisine et donc tous les soirs nous faisions la vaisselle." Certains enfants étaient également obligés de faire du jardinage au sein de l'établissement comme punition.

Finalement, au bout de trois ans, la maman de Thomas décide de le retirer de cet internat. Le jeune garçon était en dépression. "On l'avait mis là-bas pour un problème d'autorité, car on n'arrivait pas à le gérer. Lorsque j'ai vu que ça n'allait plus du tout, j'ai dit : 'C'est bon, on arrête ça'. À la fin, il parlait même de suicide", raconte la maman de Thomas.

Suspicions d'agressions sexuelles

Vendredi, lors d'une vaste perquisition au sein de l'école, une soixantaine d'enfants ont été entendus. Deux ou trois témoignages laissent supposer des agressions sexuelles, mais pas de viol. Thomas, lui, n'a jamais entendu parler de cas d'agression sexuelle quand il était scolarisé.

Aujourd'hui, pour le moment, seul le directeur est mis en cause. Le prêtre a été placé en garde à vue, le temps des perquisitions, puis remis en liberté, détaille France Bleu Berry. La préfecture a décidé de fermer l'institution jusqu'aux vacances, dans un premier temps.

(*) Le prénom a été modifié

Thomas, 13 ans, témoigne au micro de Guy Registe
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