Rixe entre Booba et Kaaris : le jugement sera rendu le 9 octobre

Des peines allant jusqu'à huit mois d'emprisonnement ferme ont été requises à l'encontre des neuf membres de leurs clans respectifs. 

Les rappeurs Booba (à gauche) et Kaaris (à droite) devant le tribunal correctionnel de Créteil, le 6 septembre 2018.
Les rappeurs Booba (à gauche) et Kaaris (à droite) devant le tribunal correctionnel de Créteil, le 6 septembre 2018. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Le procureur a requis un an de prison avec sursis contre les rappeurs Booba et Kaaris après leur rixe à Orly, jeudi 6 septembre, devant le tribunal correctionnel de Créteil. Des peines allant jusqu'à huit mois d'emprisonnement ferme ont été requises à l'encontre des neuf membres de leurs clans respectifs. 

Les deux rivaux sont "tous deux responsables" de la bagarre, lors de laquelle ils ont "perdu toute lucidité", a estimé le procureur. Ce sont eux qui ont échangé les premiers coups et ils ont "entraîné leurs gardes rapprochées" dans la rixe, a-t-il dénoncé.

Les deux rappeurs se sont renvoyés la balle

Un mois après leur bataille rangée qui avait transformé un hall de l'aéroport d'Orly en ring et retardé plusieurs vols, Booba et Kaaris, ennemis jurés du rap français, se sont rejetés la faute lors de l'audience.

À la barre, Kaaris, Gnakouri Okou à l'état-civil, a tenu à débuter par des excuses. "C'est pas bien ce qui s'est passé en fait, je présente mes excuses aux personnes choquées par les images", a-t-il déclaré. "Je ne suis pas à l'origine de cette rixe", a martelé l'artiste, en chemise blanche immaculée. "J'ai donné des coups pour me défendre", a-t-il assuré, en prônant désormais "l'apaisement".

"Un coup d'intimidation"

"Moi, je cherchais à aller prendre mon avion c'est tout", a expliqué Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, vêtu d'une chemise à carreaux. Les extraits de la vidéosurveillance, longuement décortiqués par le tribunal, le montrent pourtant donner le premier coup de pied à son rival. Se sentant "encerclé" et "menacé" par Kaaris et son groupe, l'autoproclamé "Duc de Boulogne", a plaidé "un coup d'intimidation pour empêcher qu'il m'attaque".

Le "duc de Boulogne" a également été questionné sur une vidéo tournée par une fan, où on le voit déclarer : "C'est la garde à vue qui m'attend", quelques moments avant la rixe. "Ce n'est pas sur un ton sérieux", a rétorqué Booba. "C'est un mauvais pressentiment. (...) Je l'ai vu qui me fixait avant même d'avoir passé le portique, ça sentait pas bon."

Effervescence au procès

Les deux rivaux comparaissent libres après avoir passé trois semaines en détention provisoire. Neuf membres de leurs clans respectifs impliqués dans la rixe sont également jugés pour violences aggravées et vols en réunion. Tous risquent jusqu'à 10 ans de prison.

Le procès des deux rivaux s'est déroulé dans l'effervescence. L'audience a lieu dans la salle d'habitude réservée aux assises, sous forte protection policière, entièrement pleine. Pour la sérénité des débats, la présidente a interdit aux journalistes de rendre compte du procès en direct sur les réseaux sociaux. Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au 9 octobre.