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Un député-maire de La Réunion ouvre la chasse aux requins

Selon "Le Journal de l'île de La Réunion", les requins bouledogues capturés seront achetés par la mairie de Saint-Leu.

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Le requin bouledogue (ici photographié au Mexique) va pouvoir être chassé dans les eaux de Saint-Leu, à La Réunion. (VISUAL & WRITTEN / SUPERSTOCK / SIPA)

La solution est radicale. Le député-maire de Saint-Leu (La Réunion), Thierry Robert, vient de prendre un arrêté autorisant la chasse aux requins bouledogues sur son espace maritime, selon Le Journal de l'île de La Réunion, lundi 30 juillet. Ces requins seraient responsables de sept attaques en un an et demi, principalement contre des surfeurs, comme celle du 23 juillet dernier.

Le maire de Saint-Leu, dont la commune abrite le meilleur spot de surf de l'île, met en avant qu’il est "tenu d’agir pour sauvegarder la sécurité des biens et des personnes de sa commune". Selon le journal, l'arrêté autorise "la chasse au requin bouledogue, par tous moyens, y compris par chasse sous-marine, de jour comme de nuit, sur tout le territoire maritime de la commune de Saint-Leu" (jusqu'à 300 mètres au large).

Deux euros le kilo de requin bouledogue

"Cependant, pour que cette pêche ne se fasse pas au noir, la mairie prévoit de récupérer les prédateurs tués. Les requins bouledogues devront être remis aux services de la commune sur le port de plaisance de la ville", précise l’arrêté, cité par Le Journal de l'île.

Plus surprenant, la commune, pour encourager la chasse, s’engagerait "à acheter les requins bouledogues 'de plus d’un mètre cinquante obtenus par tous pêcheurs ou chasseurs, au départ de la ville de Saint-Leu, au prix de deux euros par kilogramme de poids vifs et dans la limite de trente requins bouledogues à compter de la publication du présent arrêté'".

Vers une levée de boucliers ?

Déjà, lors d'une intervention à l'Assemblée nationale mardi, Thierry Robert avait avancé que la réserve marine naturelle dans laquelle est située Saint-Leu était devenue "le garde-manger des requins". Il avait demandé que le périmètre de cette réserve soit revu à la baisse.

Les deux espèces dangereuses croisant dans les eaux réunionnaises, les requins tigres et les requins bouledogues, "ne sont pas protégées par la réglementation française mais considérées comme 'quasi-menacées' dans le classement de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)", selon Le Parisien.

Début de polémique

"Enfin un politique se mouille pour protéger la population, il y a quand même eu trois morts, vous ne pensez pas que c'est assez", a réagi le porte-parole de l'association Prévention requin Réunion (PRR), Serge Leplège, cité par linfo.re. Pour lui, cette décision est une "avancée".

Mais ce point de vue risque de ne pas être partagé par tous. L'association écologiste radicale Sea Shepherd avait déjà vivement réagi lorsqu'une "battue" avait été organisée dans la réserve après qu'un surfeur marseillais ait eu la jambe sectionnée. Avant même la décision du député-maire, Sea Shepherd a estimé que le préfet Michel Lalande cédait "à la pression des surfeurs et des associations", selon linfo.re. Et lundi, un adhérent de l'ONG, cité par linfo.re, juge que l'arrêté "n'est pas en adéquation avec la réglementation en vigueur et [que] ça ne relève pas de sa compétence". "Pour nous, la limite est dépassée. S'il y a une anomalie au niveau de la réglementation, on ne pourra pas laisser les choses en l'état", prévient-il.

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