Pyrénées-Atlantiques : des interpellations menées dans une secte après des soupçons de violences envers des mineurs

Cette secte de 120 membres en France, affirme vivre selon le modèle de l'église chrétienne primitive. Ses membres vivent comme au temps des apôtres.

La secte évangéliste Tabitha\'s Place à Sus dans les Pyrénées-Atlantiques, le 28 novembre 2006.
La secte évangéliste Tabitha's Place à Sus dans les Pyrénées-Atlantiques, le 28 novembre 2006. (MAXPPP)

Plusieurs interpellations ont eu lieu mardi 3 décembre à Sus (Pyrénées-Atlantiques) dans la communauté sectaire Tabitha's Place, soupçonnée notamment de violences envers des mineurs, a fait savoir le parquet de Pau. "Le juge d'instruction s'est rendu sur les lieux pour procéder à diverses vérifications, notamment pour de nouveaux faits de violences", a indiqué la procureure de Pau Cécile Gensac, qui s'est également rendue sur place.

La République des Pyrénées et France 3 Nouvelle-Aquitaine avaient auparavant révélé une opération de gendarmerie débutée dans la matinée. La secte Tabitha's Place affirme vivre selon le modèle de l'église chrétienne primitive. Les 120 membres de la communauté française vivent comme au temps des apôtres.

Un nourrisson mort en 1997 faute de soins

Une information judiciaire avait été ouverte en 2014 à la suite d'informations données par un ancien adepte de la communauté, suivie par une autre en mars 2019 après un reportage télévisé fin 2018. Les deux procédures ont été jointes, a précisé le parquet. Dans le cadre de la première information judiciaire, dix personnes avaient été placées en garde à vue en 2015 et des enfants avaient fait l'objet de placement provisoire, lors d'une opération de gendarmerie de grande envergure.

L'enquête portait sur "des faits d'abus de vulnérabilité dans le cadre d'un mouvement à caractère sectaire, des faits de violences sur mineurs concernant les conditions d'éducation, et des faits de travail dissimulé" de Tabitha's Place, un mouvement religieux installé depuis 1983 à Sus et aussi connu sous le nom d'"Ordre apostolique", "Douze tribus" ou "Ruben and Brothers".

En mars 2002, 19 membres de Tabitha's Place avaient été condamnés par la cour d'appel de Pau pour "soustraction aux obligations légales des parents", notamment refus de scolarisation et de vaccination de leurs enfants. En 1997, un enfant de 19 mois y était décédé faute d'alimentation et de soins. Ses parents avaient été condamnés à douze ans de réclusion criminelle.