Policière morte noyée dans la Seine : le syndicat Unsa Police dénonce des "mauvaises décisions" et des "dysfonctionnements"

"Les décisions qui ont été prises l'ont été en dépit du bons sens" lors de la noyade en janvier d'une policière fluviale dans la Seine, affirme mercredi Nicolas Pucheu du syndicat Unsa Police à France Bleu Paris.

La brigade fluviale de la préfecture de police de Paris, le 24 août 2017.
La brigade fluviale de la préfecture de police de Paris, le 24 août 2017. (MAXPPP)

Le syndicat Unsa Police dénonce mercredi 25 avril "un ensemble de mauvaises décisions et de dysfonctionnements", après la mort d'une policière de la brigade fluviale de Paris en janvier 2018, rapporte France Bleu Paris. La policière s'est noyée dans la Seine au cours d'un exercice. Le 5 janvier 2018, alors que la Seine était en crue, la policière de 27 ans, prénommée Amandine, a participé à un exercice sur le fleuve, près de l'île de la Cité. Accrochée à un filin de sécurité d'une quinzaine de mètres, "une ligne de vie", elle a plongé avec une bouteille sur le dos et du plomb à la ceinture.

Elle s'est retrouvée en difficulté et un collègue a tenté de la secourir. Mais il a plongé sans bouteille, indique aujourd'hui Nicolas Pucheu, du syndicat Unsa Police. Le collègue s'est alors retrouvé lui aussi en difficulté. Le gilet d'Amandine ne s'est pas gonflé, la jeune femme a été entraînée vers le fond. Quand le bateau est arrivé, le plongeur a pu être remonté mais la policière a coulé. Emportée par les eaux du fleuve, son corps n'a jamais été retrouvé.

Mauvaises décisions et matériel inadapté

Le syndicat Unsa Police, qui a pu voir des documents, pointe du doigt des gros dysfonctionnements. Selon Nicolas Pucheu il y a eu de mauvaises décisions et du matériel défectueux. Il estime notamment que cet exercice aurait pu être différé. "Ce jour-là, le débit de la Seine était extrêmement important, souligne-t-il, et les conditions de cet entraînement étaient clairement défavorables surtout pour une jeune collègue comme Amandine qui était diplômée, depuis trois semaines, de plongée sous-marine".

"Les décisions qui ont été prises l'ont été en dépit du bons sens", affirme encore Nicolas Pucheu. Il indique que le collègue qui s'est porté au secours de la policière a plongé sans sa bouteille contrairement à ce que prévoit le protocole. "Il est parti à l'eau sans matériel adéquat, simplement avec masque, tuba et palmes".

Le parquet de Paris a ouvert au mois de février une enquête pour homicide involontaire. La famille d'Amandine a déposé une plainte avec constitution de partie civile. Du côté de la préfecture de police, le service de presse ne commente pas car, indique-t-il, "deux enquêtes sont en cours".