Violences policières à Marseille : quatre policiers de la BAC mis en examen, dont un placé en détention provisoire

Huit policiers ont été placés en garde à vue ce mardi pour des soupçons de violences policières, lors des émeutes à Marseille, à la suite de la mort de Nahel fin juin. Quatre membres de la BAC ont été mis en examen ce jeudi.
Article rédigé par franceinfo - France Bleu Provence
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des forces de l'ordre mobilisées à Marseille lors d'un soir d'émeutes, le 30 juin 2023. (GILLES BADER / MAXPPP)

À Marseille, les quatre policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) présentés jeudi 20 juillet à un juge d'instruction ont été mis en examen, a appris France Bleu Provence et franceinfo de source proche du dossier. L'un d'entre eux est placé en détention provisoire, les trois autres sont sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer, précise une source proche du dossier à franceinfo.

>> Émeutes à Marseille : les proches de Mohammed, touché par un "probable tir de flash-ball", veulent "la vérité, savoir comment il est mort"

Les fonctionnaires sont tous mis en examen pour "violences volontaires ayant entrainé une ITT supérieure à 8 jours", précise le parquet de Marseille, aggravées par trois circonstances, puisqu'elles ont été "commises en réunion, avec usage ou menace d’une arme et par personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions".

Les trois policiers placés sous contrôle judiciaire ont aussi "interdiction d’entrer en contact avec les co-auteurs, la victime et les autres protagonistes du dossier et interdiction d’exercer l’activité professionnelle de fonctionnaire de police", indique le parquet.

Un rassemblement en soutien à ces policiers

Selon France Bleu Provence, une centaine de personnes était présente dans la soirée, jeudi 20 juillet, devant le tribunal de Marseille, en grande majorité des policiers venus soutenir leurs collègues. Certains policiers marseillais se sont mis en arrêt maladie dans la soirée jeudi 20 juillet, en guise de contestation, a appris franceinfo de sources proches.

Après des soupçons de violences policières survenues lors des émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, "huit fonctionnaires de police" avaient été placés en garde à vue mardi 18 juillet, précise le parquet de Marseille. Une information judiciaire avait été ouverte le 5 juillet pour "violences en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entrainé une ITT supérieure à huit jours".

La victime, Hedi, est un homme de 21 ans sans casier judiciaire, selon son avocat. Maître Jacques Preziosi raconte à France Bleu Provence qu'il était simplement venu faire la fête à Marseille avec un ami quand des policiers se sont "rués sur eux" vers 2 heures du matin et les ont attaqués à "coups de matraque" et de "tirs de flash-ball dans la tête" à courte distance.

L'IGPN et la police judiciaire saisies 

Touché, Hedi est ensuite tombé à terre où il a été "roué de coups de matraque et de coups de pied". Son avocat explique qu'il souffre d'un hématome intra-cérébral, d'une fracture de la mâchoire, et d'une perte de la vision de l'œil gauche. "Autant de choses qui ne sont pas causées par un seul coup, mais par une série de coups portée avec une violence effrayante", poursuit Jacques Preziosi.

"Les faits se seraient déroulés dans le centre-ville de Marseille", avait spécifié le parquet de Marseille, sans autre précision, dans son communiqué annonçant l'ouverture de cette enquête, dont la police judiciaire et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été co-saisies.

Par ailleurs, une autre enquête a été ouverte par le parquet de Marseille le 4 juillet concernant la mort d'un homme de 27 ans causée par un projectile de type flash-ball au cours de la même nuit du 1er au 2 juillet, toujours dans le centre-ville de Marseille.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.