Producteur passé à tabac par des policiers : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur de Paris

Parmi les quatre policiers mis en examen, trois l'ont été pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP)" et "faux en écriture publique", conformément aux réquisitions du parquet de Paris.

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Rémy Heitz, procureur de la République de Paris, le 29 novembre 2020. (ALAIN JOCARD / AFP)

L'enquête avance. Quelques jours après la diffusion des images du passage à tabac de Michel Zecler dans le 17e arrondissement de Paris par des policiers, le procureur de la République de Paris a tenu une conférence de presse, dimanche 29 novembre. Rémy Heitz est revenu sur le déroulement de la soirée, les déclarations des policiers, ainsi que les mesures requises à leur encontre. Voici les points à retenir.

Les policiers expliquent les coups "par la panique" et contestent les propos racistes

Le procureur de Paris est revenu sur les déclarations faites par les trois policiers qui ont tabassé le producteur noir dans son studio. "S'ils reconnaissaient lui avoir porté des coups, ils expliquaient ceux-ci par l'attitude de ce dernier et les circonstances de l'interpellation. Ils indiquaient avoir été dans l'incapacité de maîtriser monsieur Zecler qui se débattait et expliquaient les coups par la panique qui les avait saisis dans ce local dont ils ne parvenaient pas à s'extraire", a-t-il indiqué.

Les policiers ont aussi contesté les insultes racistes, comme "sale nègre", évoquées par Michel Zecler. "Ils contestaient avoir tenu les propos racistes dénoncés par la victime et corroborés par le témoignage de l'un des jeunes présents derrière la porte du sas", a précisé Rémy Heitz.

Enfin, "ils finissaient cependant par admettre que les coups portés n'étaient pas justifiés et qu'ils avaient agi principalement sous l'effet de la peur ressentie dans le sas", a rapporté le procureur de Paris.

L'enquête confiée à un juge d'instruction

Rémy Heitz a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire. La suite des investigations est donc confiée à un juge d'instruction. C'est lui qui a décidé de la mise en examen des policiers impliqués, conformément aux réquisitions du parquet de Paris annoncées par le procureur de la République, dimanche après-midi.

Le parquet requiert la mise en examen des quatre policiers

Le parquet de Paris avait en effet requis la mise en examen des quatre policiers pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique, avec arme, en réunion et accompagnées de propos à caractère raciste", de "faux en écriture publique par personne dépositaire de l'autorité publique" (un crime passible des assises), de "violation de domicile" et de "dégradation volontaire de biens privés en réunion".

En outre, le parquet avait requis la détention provisoire pour les trois premiers et un contrôle judiciaire pour le quatrième, mais le juge des libertés et de la détention en a écroué deux, le brigadier et le gardien de la paix, et laissé deux autres sous contrôle judiciaire.

Placer en détention certains des agents soupçonnés d'avoir infligé de nombreux coups au producteur doit permettre "d'éviter un risque de concertation" entre eux "ou de pressions sur les témoins", avait argué Rémy Heitz en expliquant ses réquisitions de détention provisoire.

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