"Urgences violences policières" : une application créée pour récolter des "preuves"

Cette application permettra de filmer en direct les interventions des forces de l'ordre et d'envoyer les images à une association de familles de victimes. 

Des policiers affrontent des \"gilets jaunes\" dans les rues de Rennes (Iles-et-Vilaine), le 15 février 2020. 
Des policiers affrontent des "gilets jaunes" dans les rues de Rennes (Iles-et-Vilaine), le 15 février 2020.  (VALENTIN BELLEVILLE / HANS LUCAS / AFP)

Des familles de victimes de "violences policières" lancent, mardi 10 mars, une application pour filmer les interventions des forces de l'ordre avec pour objectif de récolter des "preuves" en cas de manquements, ont-elles indiqué. 

Appelée "Urgence violences policières", l'application permet de filmer en direct les interventions des forces de l'ordre et d'envoyer les images à l'association de familles, selon l'une de ses membres, Amal Bentounsi. Les vidéos sont géolocalisées et "conservées sur un serveur" et pourront être transmises à la justice, ajoute la militante.

Dans ce genre d'affaires, les vidéos jouent un rôle majeur et peuvent faire office de "preuves", assure-t-elle. Quand il n'y a pas d'éléments matériels, comme une vidéo, c'est "très difficile de poursuivre en justice", ajoute-t-elle.

L'application bientôt présentée en banlieue parisienne 

L'application est pour l'instant disponible sur Android et devrait prochainement l'être sur iOS. L'association doit la présenter au public dans plusieurs villes de banlieue parisienne, dont Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) ou Mantes-la-Jolie (Yvelines), cette semaine.

A l'origine de l'application, l'Observatoire national des pratiques et des violences policières (ONPVP) qui regroupe plusieurs familles de victimes de "violences policières" dont Amal Bentounsi. Son frère, Amine, a été tué d'une balle dans le dos par un policier en 2012 en Seine-Saint-Denis. En 2017, le policier a été condamné en appel à cinq ans de prison avec sursis, le tribunal estimant qu'il n'avait pas agi en état de légitime défense.