Mort de Cédric Chouviat : l'avocat de la famille dénonce "une forme de permis de tuer" après la décision de ne pas suspendre les policiers mis en examen

"Il y a une véritable culture du déni dans la police (...) On dit aux policiers : ne vous inquiétez pas, on vous couvre quoi qu'il arrive", accuse Me Arié Alimi, alors que les policiers mis en examen ne sont pas suspendus, selon nos informations.

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Radio France
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Arié Alimi, un des avocats de la famille de Cédric Chouviat, lors d'une marche blanche, le 3 janvier, un an après la mort du chauffeur-livreur de 42 ans, à la suite d'un contrôle de police. (SAMEER AL-DOUMY / AFP)

"Je crois qu'il y a une véritable culture du déni dans la police et que cela correspond un peu à une forme de permis de tuer de la part du ministère de l'Intérieur", a réagi vendredi 6 août sur franceinfo Me Arié Alimi, l’un des avocats de la famille de Cédric Chouviat.

Ce livreur de 42 ans est décédé le 3 janvier 2020 à Paris après un contrôle policier. Les avocats avaient demandé la suspension des fonctionnaires mis en examen dans ce dossier, mais leur demande a été rejetée, a appris la veille franceinfo, ce qui a particulièrement "choqué" la famille de Cédric Chouviat, selon leur avocat.

"Attitude de moquerie" de Gérald Darmanin

"Elle est perplexe par rapport à l'attitude de moquerie du ministère de l'Intérieur", a ajouté l'avocat, en référence notamment aux mots de Gérald Darmanin qui, interrogé sur la question des violences policières en France, avait indiqué l'an dernier "quand j'entends le mot violences policières, personnellement, je m'étouffe". Cédric Chouviat avait expliqué, lors de son interpellation, qu'il étouffait.

"C'est quelque chose qui relève du mépris, du dédain, à l'égard de la mort d'un père de famille et de sa famille elle-même."

Me Arié Alimi, avocat de la famille de Cédric Chouviat

à franceinfo

"Il y a eu des vidéos, des enquêtes journalistiques, un certain nombre d'éléments qui prouvent l'implication et le comportement particulièrement grave de ces fonctionnaires de police, et pourtant toujours rien", a déploré Arié Alimi. "C'est comme si la mort d'un homme n'avait pas de conséquence. Comme si le fait d'insulter un père de famille qui subit un simple contrôle routier, quand on est fonctionnaire de police, ne constitue pas une faute. C'est comme si le fait de fracturer le larynx d'un père de famille ne constitue pas une faute", a-t-il énoncé.

L'instruction est toujours en cours

Selon lui, "on dit aux policiers et à l'institution judiciaire : ne vous inquiétez pas, on vous couvre quoi qu'il arrive, même en cas de mort d'homme, et donc cela peut correspondre à la définition d'un permis de tuer de Gérald Darmanin", s'est-il expliqué alors que l'instruction est toujours en cours.

"La question est beaucoup plus générale", a estimé maître Arié Alimi. "Elle concerne toutes les familles et éventuellement celles qui vont subir le même sort", a-t-il poursuivi, estimant qu'avec une "telle attitude" du ministère de l'Intérieur, "il est possible que cela se reproduise".

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