Mort de Cédric Chouviat à la suite d'un contrôle policier : sa famille lance "un appel au calme" et attend "une prise de parole" d'Emmanuel Macron

Au lendemain de la diffusion de nouveaux éléments sur l'interpellation du livreur à scooter, sa famille et leurs avocats ont tenu une conférence de presse mardi 23 juin.

La famille de Cédric Chouviat lors d\'une marche en l\'hommage du livreur mort lors d\'un contrôle policier dans les rues de Levallois, le 12 janvier 2020.
La famille de Cédric Chouviat lors d'une marche en l'hommage du livreur mort lors d'un contrôle policier dans les rues de Levallois, le 12 janvier 2020. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Sofia Chouviat, la fille de Cédric Chouviat, un livreur à scooter de 42 ans mort à la suite d'un contrôle routier tendu en janvier dernier à Paris, a interpellé mardi 23 juin Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse. Elle a indiqué que la famille du livreur attend de la part du chef de l’État "une prise de parole qui pourra tous nous mettre d'accord et en même temps nous soulager"

Selon un rapport d'expertise que franceinfo a pu consulter lundi 22 juin, confirmant une information du Monde et de Mediapart, le livreur a crié "J'étouffe" à sept reprises aux fonctionnaires qui l'interpellaient quai Branly à Paris. Cédric Chouviat, plaqué et maintenu au sol, avait perdu connaissance et était décédé deux jours plus tard à l'hôpital.

On est dans une totale incompréhension, aujourd'hui. Sofia Chouviatà franceinfo

"On s'interroge, on attend des réponses. Donc, c'est pour ça que je voulais m'adresser directement à monsieur Emmanuel Macron. On attend tous une réponse solennelle", a poursuivi la fille de Cédric Chouviat.

La famille ne comprend pas pourquoi les policiers "n’ont pas été suspendus"

La famille de Cédric Chouviat ne comprend pas pourquoi les policiers impliqués ne sont pas suspendus : "J'ai certaines interrogations, mes frères et sœurs et moi, concernant la suspension des quatre policiers qui ont tué notre père. On ne comprend toujours pas pourquoi ils n’ont pas été suspendus", s’est-elle interrogée.

"On ne comprend pas pourquoi la technique d'interpellation, qui est la clé d'étranglement, n'a toujours pas été interdite", a-t-elle poursuivi en s’adressant toujours au chef de l’État. "Derrière cette clé d'étranglement, il y a un état d'esprit, un mal-être" des policiers, a ajouté Doria Chouviat, la femme de la victime. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé l'abandon à terme de cette technique d'interpellation. Mais, pour le moment, elle "continue d'être mise en oeuvre" jusqu'à ce qu'une nouvelle technique d'interpellation soit définie, a précisé le chef de la police nationale le 15 juin. 

"Depuis le 3 janvier, on est dans l'attente et ça nous pèse énormément dans notre chagrin, dans notre peine et dans notre vie de tous les jours. On a un sentiment de peur, d'impunité et on aimerait que ça cesse", a-t-elle affirmé. 

"Nous lançons un appel au calme"

William Bourdon, l’un des avocats de la famille de Cédric Chouviat a également pris la parole lors de cette conférence de presse pour lancer un appel au calme : "Au nom de la famille et en respect aussi pour leurs émotions et la dignité dont ils ont fait preuve de façon tout à fait exceptionnelle depuis le début, nous souhaitons tous collectivement ici que, quelle que soit l'émotion, la colère et la révolte suscitées par les dernières révélations, que le calme subsiste, nous lançons un appel au calme", a-t-il lancé.