Cet article date de plus de deux ans.

Manifestation contre les violences policières : "On se sent salis, attaqués, stigmatisés par une minorité", se désespère Alliance Police Nationale

Le syndicat deamnde à être reçu par Emmanuel Macron.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un policier tient une pancarte du syndicat Alliance police nationale lors d'une manifestation contre la "haine des flics" à Nantes en mai 2016 (photo d'illustration). (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Une nouvelle manifestation est organisée samedi 13 juin après-midi à Paris contre le racisme et les violences policières, à l'appel du comité Adama Traoré, ce jeune homme décédé en juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes en région parisienne. Ce rassemblement intervient dans un contexte tendu entre le ministre de l'Intérieur et les policiers.

Christophe Castaner a adressé une lettre aux syndicats de police vendredi soir, qui résume leurs échanges, après les avoir reçus un à un, jeudi et vendredi. Il confirme la suppression de la méthode d'interpellation dite la clé d'étranglement, alors que les organisations syndicales demandaient à ce que le ministre de l'Intérieur revienne sur cette annonce. "Cet après-midi, cette manifestation contre les violences policières, ce n'est plus acceptable. Les slogans anti-flics qu'on entend depuis des jours commencent à exaspérer les policiers. On se sent salis, attaqués, stigmatisés par une minorité", dénonce samedi sur franceinfo Olivier Hourcau, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance Police Nationale.

franceinfo : Expérimentation du taser dernière génération pour remplacer la méthode de la clé d'étranglement, généralisation des caméras piétons... Ces annonces vous satisfont-elles ?

Olivier Hourcau : Ce courrier que nous avons reçu hier soir pour nous c'est un rétropédalage, une communication aléatoire qui a mis le feu dans les services. Le pistolet à impulsion électrique ne viendra pas remplacer la technique d'intervention. Ce n'est pas du tout le même emploi, et on ne peut pas l'employer n'importe où et n'importe comment, il y a une doctrine. Bien évidemment, on accueille ce courrier mais ce sont nos collègues qui sont très en colère, on l'a encore vu hier soir.

Pour apaiser cette colère, il faut des excuses du ministre ? que vous soyez reçus par le président de la République lui-même ?


La haine anti-flics est toujours là. Il va falloir que le chef de l'État prenne la main là-dessus et nous reçoive et apporte un soutien indéfectible aux policiers. Cet après-midi, cette manifestation contre les violences policières ce n'est plus acceptable. Les slogans anti-flics qu'on entend depuis des jours commencent à exaspérer les policiers. On se sent salis, attaqués, stigmatisés par une minorité.


Qu'est-ce qui a suscité cette colère dans les propos de Christophe Castaner ?


C'était latent. Ca fait des mois et des mois qu'il y a un profond malaise de policiers. Les policiers ont répondu présents depuis des semaines, ils exercent des missions sous pression. Et là, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. La confiance est rompue. Les mots, c'est de dire qu'il y a cette suspicion, qu'il y a des racistes dans la police, que la police est violente. Au-delà du ministre, c'est l'injonction qui a été donnée au ministre par le chef de l'État et le gouvernement de répondre à une minorité qui stigmatise nos collègues et l'action de la police. La communication a été très mauvaise. La police est exemplaire, républicaine. Ça ne concerne qu'une minorité d'affaires. Le racisme dans la police est répréhensible.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Violences policières

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.